Lettre d’information d’octobre 2010

Dérive beaucairoise

Le 21 septembre 2010 le permis de construire permettant de créer un logement dans une remise agricole au mas Montplaisir était signé par l’adjoint en charge de l’urbanisme.

Comment ne pas être choqué quand on sait que ce logement fut aménagé dès avril 2008 et qu’il est occupé depuis par le fils de Monsieur le maire ?

Comment ce dernier peut-il affirmer à deux élus de l’opposition de gauche qu’un permis était affiché lors des travaux en avril 2008 alors qu’aucun permis de construire n’avait alors été déposé ?

Vérification faite, un permis a bien été déposé, mais en janvier 2009 , il a été refusé.

Une deuxième demande de permis a été déposée en juin 2010 soit 2 ans après les travaux . C’est cette deuxième demande qui a reçu un avis favorable alors même que l’analyse d’eau signale la non-conformité de l’échantillon analysé.

Ca n’est pas sérieux. La multiplication des constructions illicites sur la commune est depuis fort longtemps un véritable fléau. Elle génère de nombreux désordres tant au niveau de la sécurité que de l’égalité des citoyens devant la loi et devant l’impôt. La plus extrême rigueur devrait être de mise pour lutter contre cette dérive qui concerne selon M. le Maire 387 constructions à Beaucaire, encore faudrait-il que le premier magistrat de la ville montre l’exemple.

Une hausse solennelle

Y a-t-il une malédiction Bourbousson ? On peut légitimement se poser la question en épluchant avec un peu d’attention l’avis d’imposition des taxes foncières :

  • Part de la commune : +13,6 % (maire : J. Bourbousson)
  • Part du département : +1,06 % ;
  • Part de la région : +0,76 % ;
  • Taxe ordures ménagères : +3,99 % (président de la communauté : Jacques B.)

Etrange non ? Surtout si on se rappelle cette belle déclaration concluant les tracts qui présentaient le programme d’un certain JiBé :

Nous prenons solennellement l’engagement devant toutes les beaucairoises et tous les beaucairois que l’ensemble du programme que nous vous proposons pour construire notre ville autrement est financièrement réalisable et se fera sans aucune augmentation des impôts locaux dépendants de la commune.

Alors, que s’est-il passé ? Que sont devenus les millions sur lesquels s’était endormie l’autre droite ? Il est probable que Monsieur Bourbousson, à l’instar de l’illustre Jacques Chirac, répondrait qu’ils ont fait pschiiiittttttt !!!

On admettra sans peine qu’une telle augmentation est plus facilement acceptable lorsqu’on cumule une indemnité de maire et de président de la communauté de communes (6 000 € excusez du peu) que si on gagne, comme la moitié des Français, moins de 1 600 € par mois…

Que fait la police ?

Vous le savez déjà, RPB revendique, depuis sa création, le redéploiement d’une véritable police de proximité circulant à pied, notamment dans le centre-ville. Nous sommes en effet convaincus qu’il s’agit là d’un outil primordial pour la prévention de la délinquance grâce au lien humain qu’elle permet de maintenir entre les symboles de la justice républicaine et les habitants. Ceci contrairement à la vidéo-surveillance qui n’est qu’un moyen technique de dissuasion. Non seulement nos revendications n’ont jamais été entendues mais nos sources nous informent ces jours-ci que le projet de fusion des commissariats de Beaucaire et de Tarascon devrait voir le jour en 2011. Le commissariat de Beaucaire devrait ainsi disparaître au profit de celui de Tarascon. Comme tout bon projet gouvernemental de fusion il n’évitera pas non plus la restructuration. Les effectifs globaux qui sont actuellement de 110 devraient ainsi passer à 80. Il est inutile ici d’entrer dans le détail des conséquences déplorables qu’aura ce projet en matière de délinquance dans une ville pourtant déjà considérée comme «sensible». Il semble bien qu’une fois de plus, les connexions ministérielles dont se targue M. BOURBOUSSON soient plus utiles pour satisfaire ses ambitions de candidat à la députation que pour défendre l’accès aux services publics des Beaucairois. A l’instar des services publics de La Poste ou de l’eau potable, RPB restera donc vigilante et mobilisée.

Réunion publique : le service publique de l’enseignement

Voici retranscrite dans son intégralité l’intervention de Jean-François Milesi qui animait la réunion publique sur les écoles et l’enseignement public à Beaucaire :

En préambule, il n’est peut-être pas inutile de signaler que cette réunion consacrée à l’Ecole Publique n’est pas motivée par l’actualité judiciaire ; c’est une problématique essentielle de la vie de la Cité, qui s’impose en cette période de rentrée, mais il est vrai que la démission de l’Adjointe à l’Enseignement, par la désorganisation ou les retards que cela risque d’occasionner, ne peut que nous rendre plus attentifs à ce sujet.

De même, si nous faisons un peu l’historique de la situation scolaire dans notre ville, ce n’est pas par nostalgie d’anciens combattants, mais parce que certaines prises de position, certains actes de gestion passés expliquent un certains nombre de difficultés présentes.

Dans cette trop rapide introduction, nous nous proposons d’évoquer des questions auxquelles Réagir Pour Beaucaire ne souhaite pas forcément imposer des réponses toutes faites : il s’agit de susciter un débat citoyen impliquant en premier lieu les acteurs que sont les parents et les personnels mais aussi l’ensemble de la population, afin de bâtir des propositions concrètes.

Tout d’abord, il parait difficile de séparer totalement la situation locale du contexte national : depuis plusieurs années, le gouvernement met en œuvre son dogme qui vise à ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ; les Ministres de l’Education Nationale successifs, en dernier lieu Darcos puis Chatel, l’ont appliqué avec un zèle tout particulier, au rythme de 15 à 16.000 suppressions de postes par an (ce sera encore le cas en septembre 2011), alors même que la démographie contredit les discours officiels et que la population scolaire augmente ; c’est particulièrement vrai à Beaucaire où les effectifs des écoles publiques, maternelles et primaires, sont passés d’environ 1.300 à 1.500 élèves entre 2008 et 2010 (dont 532 en maternelles et 966 en primaire). Ce qui occasionne, nous allons le voir, des problèmes aigus de locaux, puisqu’il ne reste que 43 places disponibles pour l’ensemble des 5 écoles maternelles et seulement 18 pour les 6 écoles primaires !! En tout cas, on en vient presque à regretter le Ministre Allègre, qui parlait de « dégraisser le mammouth » ; il y a belle lurette qu’il n’y a plus de gras : hier, on mordait dans le muscle, aujourd’hui, c’est à l’os qu’on s’attaque : si quelques classes ont dû être ouvertes ces dernières années pour éviter que les moyennes par division ne deviennent insupportables, néanmoins, une CLIS (Classe d’Intégration Scolaire) a été fermée à l’Ecole Nationale en 2009 ; ces structures qui accueillent 12 enfants au maximum sont destinées à traiter les situations de handicap (d’ordre cognitif, mental, auditif, visuel ou dyspraxique…). De la même façon, les RASED (Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté) sont dépouillés de leurs moyens, alors même que Beaucaire concentre de multiples difficultés économiques, sociales et culturelles…Aujourd’hui, on s’attaque même aux personnels non titulaires, aux emplois précaires que sont les Auxiliaires de Vie Scolaire ou les Contrats Uniques d’Insertion (ex CAE : contrats d’accompagnement vers l’emploi) pour faire des économies. On pourrait encore évoquer les projets de suppression des écoles maternelles pour les remplacer par des « jardins d’enfants » payants ; à ce sujet, comment oublier le mépris et la méconnaissance des apprentissages qui se jouent en maternelle de la part du sieur Darcos qui s’indignait que l’on exige des diplômes pour enseigner en Maternelle, alors qu’il suffit à l’en croire, de savoir changer les couches-culottes ?! Tous les prétextes sont bons (réforme, rythmes scolaires, surcharge de travail des enfants….) pour justifier une vision purement comptable et financière de l’Ecole, vision dont les plus faibles sont les premières victimes.

Si l’on peut reprocher au maire actuel de se réclamer d’une majorité nationale qui applique une telle politique, on doit cependant reconnaître que son Conseil Municipal a fait l’effort d’embaucher un Agent Territorial Spécialisé des Ecoles Maternelles (les ATSEM) par classe, ce qui n’était plus le cas depuis longtemps…

Il faut rappeler aussi que depuis les premières lois de Décentralisation, en 1983, les charges de construction, de fonctionnement et d’équipement des écoles relèvent des communes ; celles des collèges sont du ressort des départements et donc du Conseil Général (E.Vigne et E.Triolet), les Lycées comme le Lycée professionnel Paul Langevin dépendent de la Région. Les personnels enseignants, pour tous les établissements sont des fonctionnaires d’Etat ; en ce qui concerne les personnels de service, pour les écoles ce sont des agents municipaux ; pour les collèges, depuis la deuxième vague de décentralisation, en 2004/2005, ces personnels ont pu –pour la plupart, pas tous-choisir entre l’Etat et le Département…

Ces généralités rappelées, un petit retour en arrière s’impose : de 1959 à 2008, soit un demi-siècle, Beaucaire n’a connu que 2 équipes municipales qui ont dirigé la Ville pendant une durée équivalente et, toutes deux, ont eu un maire instituteur : José Boyer puis Jean-Marie André (ce dernier suppléé, sur le papier, par Mme Cellier lors de ses dernières années de mandat). Mais là s’arrête le parallèle car autant pour le premier l’Ecole était un investissement, une forme d’idéal républicain, autant pour l’autre, elle fut une charge, un poids, voire une monnaie d’échange, un objet de marchandage et de chantage, voire de prise d’otages pour de sordides mobiles politiciens. Beaucaire et sa jeunesse en paient encore le prix ! En effet, jusqu’en 1983, l’implantation des écoles a suivi le développement de la ville : au milieu du XXième Siècle, elles étaient situées dans ce qui est aujourd’hui le Centre ancien, ou en zone agricole, comme à Saujan ou plus tard à Nourriguier (ces 2 établissements étant aujourd’hui fermés) ; le développement de l’activité industrielle à Garrigues Planes autour de la cimenterie et de la brasserie, avec les cités ouvrières des Castors et des Houblons, fut accompagnée de l’implantation d’une école maternelle et primaire. Quand la ZUP sortit de terre, il y eut au cœur de celle-ci, l’Ecole de Puech-Cabrier, puis, vers 1980, celle de La Moulinelle, érigée en lien avec cet outil mis au service de la jeunesse qu’est la Halle des Sports. C’était là que se situait alors la limite de la ville avec, à proximité, au milieu de champs en friche, les baraquements d’un futur collège que l’Etat avait implantés dans la perspective du développement jusqu’à Beaucaire de la Zone Industrielle de Fos, qui devait devenir la Ruhr de la Méditerranée. Le choc pétrolier de 1974 mit un terme à ces espérances et il fallut tout la combativité des parents et des enseignants pour que les baraquements deviennent le Collège Elsa Triolet.

Par contre, au cours des trente dernières années, sous les municipalités André, Cellier et, dernièrement, Bourbousson, la population de Beaucaire a augmenté, grosso modo, de 10% mais la surface bâtie, elle, a explosé, a doublé durant la même période, une surface entièrement consacrée à la spéculation immobilière, aux lotissements et aux zones commerciales ; mais rien pour les équipements publics, pas une salle pour les associations, pas un lieu pour le développement de la vie citoyenne et culturelle, rien qui ne structure l’espace…Aucune école n’a été bâtie pour accompagner cette expansion qui a aussi correspondu à un déplacement sans précédent du centre de gravité urbain. Aucune école mis à part le déplacement de l’Ecole maternelle du Sizen dans l’enceinte de la Condamine, dans des conditions rocambolesques qu’il faut rapidement rappeler. Comme dit précédemment, J.M. André a toujours considéré l’Ecole comme une charge ou comme un moyen de pression : la reconstruction du Collège Vigne, qui touche enfin cette année à son terme, en est une illustration parfaite, caricaturale même ; la première demande de restructuration date de décembre 1991, voilà 20 ans déjà….La décentralisation fait que le Conseil Général doit en être le maitre d’œuvre, mais la commune doit proposer des terrains, soit pour déménager le collège soit pour agrandir son assise sur place. Le conseiller général de l’époque s’appelle Bernard Deschamps, il est communiste ; ce qui est insupportable pour monsieur André : les terrains proposés pour déplacer le collège sont tous, pour une raison ou une autre, inconstructibles ; par contre, le chantage financier sur le Conseil Général est permanent : on lui demande d’élargir la rue Henri Soulier, voie communale ; la chapelle, au bas du collège, est démontée, restaurée, reconstruite, elle aussi aux frais du département ; le terrain adjacent du Sizen, nécessaire à la reconstruction sur place, est vendu par la mairie au département au prix du terrain à bâtir, plusieurs dizaines de milliers d’euros- alors que la Municipalité Boyer avait vendu pour le Franc symbolique le terrain nécessaire à la construction d’Elsa Triolet- ; André exige et obtient également que la reconstruction de l’Ecole du Sizen, qui est de la responsabilité de la commune, soit également prise en charge par le Conseil Général…Bref, durant ces 20 années perdues en marchandages indécents, les bâtiments du Collège ont beaucoup souffert, les enfants de Beaucaire aussi, son image s’est dégradée, la mixité sociale y a disparu, aggravée ces derniers temps par la suppression de la sectorisation voulue par Sarkozy, mesure mise en œuvre depuis longtemps à Beaucaire dans le Primaire, qui a conduit à la ghettoïsation des écoles du centre ville en amont et du collège Vigne, en aval. Tant et si bien, que malgré des installations flambant neuves, ce collège a perdu 2 classes en cette rentrée et il va falloir les efforts de tous, Mairie comprise, pour qu’il retrouve la confiance des parents et redevienne un outil de développement local. Ces difficultés s’expriment aussi à travers le mal être des personnels : il n’y a pas si longtemps, 4 ou 5 ans je crois, c’est la totalité de l’équipe enseignante de l’Ecole rue Nationale qui a demandé et obtenu sa mutation sous d’autres cieux d’une année sur l’autre, alors que l’efficacité au service des enfants passe aussi par la stabilité des équipes qui en ont la charge, et donc la prise en compte par les élus locaux de leurs difficultés, de leurs projets, de leur parole….

Si vous le permettez, je voudrais dire un dernier mot sur l’Histoire récente qui éclaire le présent : en 1989, Beaucaire a défrayé la chronique sur le plan national, à travers l’instrumentalisation politicienne de ses écoles par J.M.André et son équipe ; cette année-là, il décida d’exclure 42 enfants des listes d’inscription dans les écoles, puis des cantines et des transports scolaires, au motif qu’en raison de leurs origines, ils constituaient un handicap pour leurs camarades d’études, en violation de toutes les règles internationales. Cet élu, qui espérait ainsi chasser sur les terres du Front National, fut condamné à Grenoble mais les écoles de Beaucaire, leur image, en ont été durablement salis !

Vous le voyez, un quart de siècle de mépris, de désintérêt pour l’Ecole Publique, ici, nécessite une mobilisation, une réflexion et des actions fortes pour reconstruire. Il y a d’abord, cela a déjà été évoqué, le manque de places et la vétusté de certains locaux. Tout est plein : le seul local susceptible de pouvoir accueillir une éventuelle classe supplémentaire est, aujourd’hui, le logement de fonction de la Condamine ! Mais, enfin, pour la première fois depuis bien longtemps, la municipalité actuelle évoque la possibilité d’une école nouvelle, près du canal et de la capitainerie, sur les surfaces libérées des projets extravagants de Marinas caressés par André et Cellier. D’une part, ce projet, s’il se réalise demandera du temps : il ne saurait donc, en aucun cas, justifier le blocage actuel d’environ 50.000 euros de travaux qui s’imposent dans les écoles existantes. Par ailleurs, on annonce qu’il s’accompagnerait de la disparition de 2 écoles du Centre Ancien (Le Château et Nationale) : on peut se demander si cette décision ne précipiterait pas la mort du cœur historique, déjà déserté par bien des services publics ou commerciaux. Si l’on a à cœur de le revitaliser ne serait-il pas possible de profiter d’une construction nouvelle pour dédoubler les écoles existantes et offrir aux élèves qui les fréquenteraient plus d’espaces, plus de services, plus de moyens par exemple pour l’expression théâtrale, les Arts plastiques, le sport en salle etc. ? Fermer 2 écoles pour en ouvrir une ne va pas en tout cas augmenter sensiblement les capacités d’accueil, ce qui est pourtant l’une des difficultés actuelles…On peut aussi s’interroger sur la pertinence du lieu choisi : il est davantage tourné vers le Sud et le quartier St Joseph, des zones où l’expansion urbaine parait condamnée depuis les inondations de 2003. Ne serait-il pas plus judicieux d’examiner aussi (mais cela ne condamne pas forcément le projet municipal) l’opportunité d’une nouvelle école dans les zones nouvellement urbanisées, à l’Ouest ou au Nord, avec là aussi des structures comme une salle polyvalente, un jardin, une place publique, des aires de sport qui permettent l’émergence d’une vraie vie de quartier, qui structurent ces étendues aujourd’hui invertébrées où les populations n’ont aucun lieu, aucune occasion de se rencontrer, de se parler, de se connaître…Ces questionnements sont d’autant plus urgents que les derniers projets de révision du Plan Local d’Urbanisme laissent entrevoir une volonté d’urbaniser au-delà de la Rocade, mais aussi autour de la nouvelle caserne des pompiers. Le lien entre urbanisme, équipements collectifs, services publics comme les écoles, est absolument indispensable, ou alors on se précipite vers des villes éclatées, inhumaines et invivables !

Cela pose aussi le problème des déplacements et en particulier de la sécurité des enfants sur le chemin d’écoles de plus en plus éloignées des quartiers récents, de l’engorgement automobile aux heures de rentrée et de sortie, de son impact sur l’environnement ; le moment n’est-il pas venu de mettre à l’ordre du jour un Service de Transport Scolaire desservant par bus la périphérie urbaine, et plus seulement les écarts de la Plaine ?

Dans les autres domaines du ressort de la Mairie, ne faudrait-il pas dans une Zone d’Education Prioritaire comme la nôtre remettre en place vigoureusement des études surveillées, des groupes d’aide aux devoirs, et travailler très en détail, très en profondeur, tout ce qui concerne les activités périscolaires (au-delà du seul Centre Aéré) de façon à retirer certains enfants de la rue et à offrir au plus grand nombre l’accès à des domaines, à des modes d’expression, qu’ils ne peuvent trouver chez eux.

Ne peut-on aussi réfléchir à une aide véritable à la parentalité, à travers des dispositifs, des intervenants, qui permettent à des parents parfois dépassés, de réfléchir, de s’organiser, de retrouver une maîtrise perdue sur leurs enfants, en amont des problèmes, plutôt que d’invoquer de façon rituelle la suppression des allocations familiales ou la prison pour les parents d’enfants délinquants, mesures qui aggravent plus qu’elles ne règlent les problèmes ?

Enfin, en guise de dessert pour cette trop longue introduction, qui n’avait d’ailleurs pas pour objet de faire une revue détaillée et complète, il parait nécessaire d’évoquer les cantines, au sujet desquelles il semble que de nombreuses plaintes se fassent entendre : problèmes de rations et de quantité, à propos desquels les services municipaux répondent qu’un tiers des convives participeraient aux repas de façon indûe, soit parce que les enfants en question soit parce que les enfants en question seraient « oubliés » par leurs parents à midi, soit parce que les familles ne règleraient pas le forfait demandé. Le chiffre avancé parait ahurissant ! Soit les familles ont les moyens de payer et la Mairie est en droit de l’exiger, soit les familles sont en difficulté et les services municipaux savent très bien de quels services sociaux ils doivent se rapprocher, que ce soit le Centre Communal d’Action Sociale ou le Centre Médico-Social, mais il n’y a aucun argument valable pour que les rations servies demeurent insuffisantes et il est hors de question que les écoliers fassent les frais d’une politique d’austérité municipale ! Une autre demande remonte fortement, qui est celle de la compétence des personnels employés dans les cantines, surtout dans le domaine de la gestion des groupes d’enfants : beaucoup de contrats précaires (CUI/CAE) sont utilisés ; il serait temps que les élus se rendent compte que ces personnes ne sont pas seulement de la main d’œuvre bon marché, mais des citoyens en difficulté momentanée pour qui le contrat doit aussi comprendre un volet formation de façon à acquérir une qualification, un surcroît d’autonomie et de dignité. Il y en a assez de cette conception des contrats précaires qui consistent à ne voir en eux que de la main d’œuvre corvéable et jetable à merci : il y a d’abord et avant tout des êtres humains, des citoyens en quête de reconnaissance, d’utilité sociale et de dignité ! D’autant plus que la cantine, dans des villes en difficulté comme la nôtre est, pour beaucoup d’enfants, la seule occasion de prendre un vrai repas, vraiment équilibré, dans la journée et, avec du personnel compétent et bien formé, cela peut constituer une séquence éducative, tout aussi importante que d’autres dans la journée scolaire ! Il peut y avoir une approche pédagogique de l’alimentation ! C’est d’ailleurs l’un des enjeux de la cantine bio qui pourrait petit à petit se mettre en place, au lieu du simulacre actuel qui semble n’être qu’un effet d’annonce…

Retraites : Communiqué de presse

RPB : réagir pour les retraites

Ces dernières semaines, les salariés du public et du privé, les demandeurs d’emploi, les jeunes et les retraités se sont mobilisés de plus en plus massivement sur les retraites. Même si le texte a été voté à l’Assemblée, il reste encore le Sénat. Alors ne baissons pas les bras. Cette réforme, qui ne résout rien sur le moyen terme, est une des plus dures d’Europe. Elle constitue une mise à sac sans précédent du principe de solidarité entre les générations acquis de haute lutte par nos prédécesseurs. A l’heure où la collusion entre nos dirigeants et la haute finance internationale est de plus en plus évidente, les motivations de ce projet apparaissent de plus en plus clairement : préserver les profits du capital au détriment du travail. Parents, enfants, petits-enfants, nous sommes tous concernés car c’est l’équilibre de nos familles qui est en jeu. Alors pour battre en brèche cette arithmétique simpliste que nous servent nos élites, nous invitons tous les Beaucairois à entrer en résistance et à participer aux prochains mouvements interprofessionnels. Rendez-vous jeudi matin à 9h30 devant la passerelle du canal avec l’inter-syndicale en prélude à la manifestation de l’après-midi qui se tiendra à 15 h devant le Préfecture de Nîmes.

Contre les idées reçues et pour ne pas perdre tout espoir de victoire, nous vous invitons à regarder cette petite vidéo : http://www.dailymotion.com/video/xeefhg_incultures-5-travailler-moins-pour_news

Lettre au Maire : Sécurité et prévention de la délinquance

Cette article reproduit la lettre adressée à M. Bourbousson par RPB afin d’être informé sur les axes de la politique de sécurité et de prévention de la délinquance initiée par la majorité municipale.

Monsieur le Maire,

Votre programme de campagne électorale proposait « d’instaurer et développer le travail en réseau avec les différents partenaires et unités spécialisées responsables des missions de sécurité : Police nationale, Police municipale, Gendarmerie et Douanes ».

Nous avions relevé à l’époque la pertinence de cette proposition, même si selon nous ce travail en réseau devait aussi inclure les travailleurs sociaux et les établissements scolaires. Education, prévention et répression étant, toujours selon nous, des outils indispensables et complémentaires au service d’une seule et même politique.

Votre proposition nous est apparue pertinente, car nous sommes nous-mêmes convaincus que le décloisonnement des services et le travail partenarial sont une des clés de la réussite face à des problématiques aussi complexes que celle de la prévention de la délinquance et de la sécurité.

Aussi il nous serait agréable d’être informés sur les avancées de la municipalité en matière de travail en réseau depuis les élections de 2008. Plus précisément, pourriez-vous nous dire quelles sont les actions menées conjointement par la Police nationale, la Police municipale, la Gendarmerie et les Douanes ?

Nous vous en remercions par avance et vous prions d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de nos salutations distinguées.

Francis FOUSSARD

Le Président

Beaucaire, ville fleurie… et propre ?

Nous n’avons pas les mêmes valeurs…

Dans le supplément Votre été à Beaucaire du Midi Libre de juillet, Jacques Bourbousson déclarait :

Je souhaite que les touristes aient envie de venir à Beaucaire et d’y retourner. Nous mettons beaucoup d’énergie pour que ce soit une ville propre, avec un bon accueil…

Voici quelques images glanées au fil des rues cet été qui illustrent les propos de M. Bourbousson :

Cliquez sur le lien pour voir le diaporama au format PDF

Buste d’Eugène Vigne

Voici reproduite dans son intégralité la lettre envoyée à Monsieur Damien ALARY, Président du CONSEIL GENERAL et à Monsieur Jacques Bourbousson maire de Beaucaire qui a pour objet une demande de déplacement du buste d’Eugène Vigne dans l’établissement scolaire qui porte son nom.

Beaucaire, le 10 septembre 2010

Monsieur le Président,

Attendu depuis de nombreuses années, le Collège Eugène Vigne vient de recevoir ses premiers élèves.

Le magnifique établissement porte le nom d’un Beaucairois illustre et généreux. En effet, bien avant Jules Ferry et ses lois, il fut un des précurseurs de la laïcité et de la gratuité scolaire et ce sous le Second Empire, dans des conditions très difficiles.

Ne se satisfaisant pas de bonnes paroles, il rédigea en 1875 son testament par lequel il léguait à la Ville de Beaucaire une somme d’argent destinée à la construction d’une « Ecole primaire supérieure » exclusivement gratuite et laïque. Cette école vit le jour en 1882, dans les locaux de celle de la Condamine où elle cohabita jusqu’en 1961, date à laquelle fut inauguré le Cours complémentaire du Sizen.

En 1882, grâce à Eugène Vigne, Beaucaire eut, avec Nîmes, la première « école primaire supérieure » du département du Gard.

Dans son testament, Eugène Vigne instituait en outre des prix en argent destinés à « stimuler le zèle des Beaucairois en matière de diffusion de l’instruction ». Ces prix permettaient, à l’origine, à une famille modeste de pouvoir assumer une partie non négligeable des frais de scolarité annuels d’un élève.

Afin d’honorer la mémoire de ce grand bienfaiteur, nos anciens édiles ont fait sculpter un buste en bronze d’Eugène Vigne et l’ont érigé sur le cours Gambetta. En 2002, lors des travaux d’aménagement du cours en aire de stationnement, le piédestal a été détruit et la statue reléguée rue Jean Moulin à l’entrée de l’école de la Condamine. Cette malheureuse initiative risque de plonger dans un oubli définitif ce grand Beaucairois (il est à noter qu’un buste d’Eugène Vigne existe déjà dans le gymnase de cet établissement).

Nous pensons qu’aujourd’hui Eugène Vigne serait fier de sa ville, de ce magnifique établissement et de voir son rêve réalisé. Sa statue mérite bien un meilleur emplacement et pour lui rendre justice, nous vous demandons, Monsieur le Président, de bien vouloir faire transférer, en accord avec Monsieur le Maire de Beaucaire, le buste d’Eugène Vigne dans l’enceinte du nouveau collège, en un lieu que vous choisirez, et qui soit visible de tous les collégiens afin de ranimer la mémoire d’un personnage qui a su mettre en accord ses principes et ses actes, et grâce auquel l’Ecole pour Tous s’est inscrite dans la vie et a contribué à la formation de citoyennes et de citoyens conscients et éduqués.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos salutations les plus distinguées.

Pour les conseillers municipaux de gauche

Christiane ROTT

Rose-Marie CARDONA

Claude DUBOIS

Conseillers municipaux de Beaucaire

Lettre d’information de juillet 2010

Des élus à la consigne

Une certaine confusion est apparue au moment du vote de la délibération portant sur le marché de fournitures pour la nouvelle crèche.

Celle-ci faisait référence au nouveau décret du 7 juin 2010 qui autorise les crèches à recevoir des enfants en surnombre certains jours de la semaine. Pour une structure de 45 places comme celle de Beaucaire, cela porte la capacité maximale d’accueil à 54 ( + 20 % ). En aucun cas, il ne s’agissait, comme l’a prétendu M. Corrias suivi de près par M. Bourbousson, d’augmenter la capacité d’accueil de la structure pour la porter à 54 enfants. Ce n’était pas l’objet de la délibération. A priori l’adjoint délégué à la petite enfance ne connaissait pas bien le dossier. Il a confondu l’agrément accordé par le conseil général et l’accueil d’enfants en surnombre.

Alors pourquoi la gauche a-t-elle voté contre cette délibération ? Tout simplement parce qu’elle s’appuie sur un décret dénoncé par l’ensemble des professionnels de la petite enfance. Le mouvement de contestation, joliment baptisé « Pas de bébé à la consigne », voulait alerter la population sur les dangers de ce texte qui réduit le nombre de personnels qualifiés auprès des enfants, réduit le taux d’encadrement d’adultes.

Une crèche n’est pas une garderie. C’est un lieu d’éveil, de découvertes, d’apprentissages, de socialisation que seuls des professionnels diplômés peuvent animer. Voilà l’objet de notre refus.

Nous n’avons pas de leçon à recevoir de M. le Maire qui nous invitait à expliquer notre choix auprès de la population. Nous saluons l’ouverture de la nouvelle crèche et nous réjouissons qu’elle aie pu obtenir du Conseil Général un agrément pour 54 enfants permanents au lieu de 45. Ce projet, initié par l’ancienne équipe, répond à une forte demande. Nous resterons toutefois vigilants sur les conditions d’accueil.

Emploi et clientélisme à la Beaucairoise

Pourquoi les élus de gauche au conseil municipal s’opposent-ils au recrutement par la mairie d’employés en contrat d’accompagnement à l’emploi (CAE) ? Alors que le maire apporte toujours la même réponse empreinte de sentimentalisme et de calcul politicien, RPB souhaite modestement élever le niveau du débat afin de comprendre les enjeux de telles mesures.

Qu’on en juge :

En vingt ans, la part des salaires dans le PIB (produit intérieur brut, indicateur qui évalue la richesse d’un pays) a baissé de plus de 9 % en France. Cela représente pour les salariés une perte sèche d’au moins 100 milliards d’euros par an. Dans le même temps et par un effet de vases communicantes troublant, la bourse reste outrageusement rentable, malgré les crises successives, pour les grandes fortunes et les bénéfices se chiffrent en milliards d’euros (+100 Md € en 2007).

Voici ce que l’on trouve le site du ministère du Travail et de la Solidarité (sic) à propos du CAE :

Le contrat d’accompagnement dans l’emploi (CAE) est un contrat de travail à durée déterminée, destiné à faciliter l’insertion professionnelle des personnes sans emploi rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières d’accès à l’emploi.

On ne peut qu’être d’accord avec l’intention mais concrètement peut-on promettre au 42 personnes employés en CAE par la mairie depuis 2 ans une formation qualifiante et au bout un CDI correctement rémunéré ? Ou alors entretient-on une classe de travailleurs pauvres errant de missions d’intérim en contrats aidés ? Voilà les questions que nous posons au Maire et qui restent sans réponse à ce jour.

En définitive ces mesures ne remplaceront jamais une politique de l’emploi offensive et un rééquilibrage de la balance Travail-Capital. Au lieu de cela, le gouvernement y voit un moyen de faire baisser au frais du contribuable les statistiques du chômage et nos dirigeants locaux de cultiver une clientèle toujours fertile en période électorale.

Papa m’a dit (*)

Voici quelques mois le nouveau Maire de Beaucaire a accusé publiquement le fils du Maire sortant de ne pas payer d’impôts. Plus récemment Le Maire sortant a accusé le fils de l’actuel Maire d’avoir construit sans permis sur les terres de son père accessoirement situées en zone inondable. Ici point besoin de travailler plus pour gagner plus. On est dans l’univers impitoyable des « fils à papa » des notables beaucairois parmis lesquels on compte aussi un des fils de la première adjointe, recruté juste après les élections pour un modeste salaire de 2700€/mois alors qu’il ne disposait d’aucune expérience ou compétence particulière pour le travail en mairie. Merci papa, merci maman, tous les ans on voudrait que ça r’commence… Quel spectacle pathétique, voyez ces deux élus qui voudraient sois-disant jouer dans la cours des grands, se retrouver dans le bac à sable de la maternelle s’envoyant des invectives sur leur progéniture adorée. Il paraît qu’on a les élus qu’on mérite…

(*) Surnom donné au fils Mitterrand (Jean Christophe) lors de ses voyages d’affaires en Afrique

Brèves

Une idée pas trés lumineuse : au moment où les beaucairois commencent à réaliser, grâce à RPB, que la mainmise du privé sur le service de l’Eau est catastrophique en termes d’efficacité et de finances (publiques ou familiales), voici que la Communauté de Communes Beaucaire Terre d’Argence, présidée par qui l’on sait, décide de privatiser le service de l’éclairage…public ! Profitez de l’été pour stocker chandelles et lampes tempête !

Voeu pour la rentrée scolaire : on ne peut que souhaiter que les cantines des écoles de la Ville soient gérées plus sérieusement que certaines bodegas des Estivales. Hum. Personne n’est visé…

Merci à tous ceux qui ont participés à la réussite de la fête des Libertés 2010 !

Retrouvez la vidéo de cette soirée ici.

Le FN à Beaucaire

Le FN à Beaucaire : l’insécurité républicaine

Que faut-il retenir des résultats à Beaucaire des dernières élections régionales ? Avec une participation au premier tour de 42 % et d’un peu plus de 48 % au second tour, il serait hasardeux de tirer des conclusions définitives sur les rapports de force entre la gauche et la droite/extrême-droite.

Mais une nouvelle fois, Beaucaire offre au front national l’un des ses meilleurs scores, celui-ci dépassant la barre des 36 % au second tour. Cette situation n’est pas nouvelle, malheureusement, puisque Le Pen obtenait un score à peu près identique au premier tour des élections présidentielles de 2002. A cette époque les raisons de ce vote protestataire étaient déjà connues et analysées dans les médias : chômage et pauvreté endémiques, centre-ville transformé en ghetto social et ethnique, insécurité et impunité de petites frappes se livrant au commerce de stupéfiant, racisme viscéral d’une partie de la population.

En huit ans rien n’a changé, les mêmes causes entraînant les mêmes effets. La responsabilité des dirigeants politiques locaux est évidente, ceux-ci ayant systématiquement instrumentalisés le thème de l’insécurité à des fins électoralistes. A droite, Jean-Marie André et ses affidés, par ses nombreuses déclarations, a contribué à décomplexer les idées xénophobes et racistes. L’abandon du centre-ville, transformé en ghetto, ce vivier de peurs si fédératrices, a servi les discours sécuritaires de la droite locale et a justifié le recours massif à la vidéo-surveillance. Personne ne peut nier son inefficacité (sauf les démagogues et les actionnaires des sociétés commercialisant ce matériel) à Beaucaire, les dernières fusillades dans le centre en apportent une preuve flagrante et… détonante.

A droite toujours, un Bourbousson qui nie du bout des lèvres le soutien du FN local qui lui a permis d’être élu. Son action prolonge celle de ses prédécesseurs en matière de sécurité et son implication dans ce dossier inexistante.

A gauche le thème de la sécurité a été longtemps un sujet tabou, un thème sensible qu’il ne fallait pas aborder, une pente glissante sur laquelle il ne fallait pas se laisser entraîner. Mais ce déni de réalité ne répond pas à une attente des classes populaires, en particulier celles du centre-ville, qui souffrent quotidiennement du comportement déviant de certains individus qui méprisent les lois de la République.

Réagir Pour Beaucaire s’est emparé du dossier de la sécurité et rappelle qu’il n’y a pas de fatalité à cet état de fait. Le maire est garant du bien-être de ses administrés et peut agir en interpellant les pouvoirs publics : police nationale, procureur de la République, préfet. Si son action est volontaire et courageuse, alors les choses peuvent changer.

Mais le courage et la volonté politique ne semblent pas faire partie des qualités du premier magistrat actuellement en poste. Beaucaire Espoir ?

Saison 2010

Courses camarguaises

Nous commencerons par un point positif ; le programme de la temporada en matière de courses camarguaises à Beaucaire est bien monté et partagé par l’ensemble des clubs taurins représentés à la commission taurine municipale. Rien à redire sur une organisation démocratique où chaque représentant peut s’exprimer à sa convenance au nom du groupe qu’il représente. Ce qui ne fut pas toujours le cas dans le passé.

De derrière le sòuvadou

Corridas

La municipalité beaucairoise, sûre de ses choix les deux années précédentes, avait organisée des cartels de prestige pour marquer un tournant avec ce qui se pratiquait jusqu’alors de plus minable en matière de corrida à Beaucaire. Souvenons-nous de cette parodie de corrida du 29 juillet 2007 où CASAS et JALABERT nous avaient fait avaler des couleuvres avec des matadors incapables de trouver une inspiration devant des TABERNERO totalement indigents.

Pour autant fallait-il redorer le blason de Beaucaire avec des ganadérias dont la marque labellisée coûte à elle seule la moitié du lot des toros ? Et pour voir quoi au final au cours de cette deuxième année ? Rien de bien reluisant et digne d’intérêt. Par contre la note a été tellement salée qu’il s’en parle encore dans toutes les chaumières. Depuis, la polémique ayant enflée dans des proportions imprévues, la municipalité revient à des choix plus conformes à ses possibilités d’un point de vue strictement financier.

Que dire alors du plateau en préparation pour les futures corridas de cet été ? Curro DIAZ, Miguel TENDERO, Léandro MARCOS sont des toréros que l’on voit peu, mais qui ont des qualités certaines. Quant aux élevages JARAL de la MIRA de même encaste que les Balatazar IBAN, ils peuvent apporter des satisfactions auprès d’un public en recherche d’authenticité.

Cependant, nous avons fort à parier que du côté des guichets aux entrées, avec une telle affiche lisible que par d’authentiques connaisseurs, le compte n’y sera toujours pas.

Nous le disons et le redisons, pourquoi ne pas prédestiner cette « placita » de toros à des concours de novilladas avec des jeunes novilleros en quête de reconnaissance et des novillos de notre crû sur les terres camarguaises ? « Les jeunes attirent les jeunes ». Cette maxime est bien connue. Tout l’attrait de ce choix réside dans le nouveau souffle que peut apporter la jeunesse dans ce monde gangrené par le fric.

De derrière le burladero

La culture à Beaucaire, état des lieux

Beaucairoises, Beaucairois, en 2008 vous avez élu une nouvelle municipalité. Plus de deux années sont passées, nous avons déjà pu constater les dégâts d’un tel choix. Que ce soit dans le domaine des finances, de l’urbanisme, de la voirie,… combien de rêves se sont envolés, combien de gens se sont un jour réveillés, la bouche bien pâteuse d’avoir trop fait du lèche pendant la campagne électorale ? Tous, non, bien sûr, car le copinage fonctionne encore mieux que sous l’ancien régime. Copinage et embauchage sont les deux mamelles de la politique locale, faits pourtant décriés et reprochés à la municipalité précédente afin de mieux se faire élire.

Alors qu’en est-il, me diriez-vous, de cette satanée culture à Beaucaire, après tous ces constats alarmants ? Qu’en est-il de cette chose assez vague et cuisinée à toutes les sauces, entendue dans toutes les bouches, et dont on ne sait vraiment pas grand-chose, bien qu’on en parle et reparle ?

L’enfant pauvre de la politique locale, la culture, se porte-t-il bien ? Nous fait-il un mauvais rhume ? En tout cas, on ne voit toujours pas de caca nerveux à l’horizon.

Un petit récapitulatif s’impose pour résumer le temps passé depuis plus de deux ans

La municipalité Bourbousson a fait principalement le choix culturel du théâtre, de l’humour et des traditions. Elle a confié la programmation du casino municipal à une seule et unique personne apparue dès le lendemain des élections et, à part quelques renvois d’ascenseurs dont le choix est quelque peu douteux, les investissements culturels tant en personnes qu’en finances n’ont pas vu le jour. La culture taurine, elle, a eu droit à plus d’égards, mais est-ce là de la même culture dont nous parlons ? Sauf, bien sûr, si on considère que les toreros sont des artistes à part entière (mais dans quelle discipline les classer : chorégraphes peut-être ?).

Les associations beaucairoises ont une grande part dans les propositions culturelles de la ville. Nombre de bénévoles œuvrent en ce sens et mériteraient un soutien plus conséquent au niveau des subventions. Mais le budget de Beaucaire, pas mal amputé par celui de la corrida, le peut-il encore ? Les 11 et 14 % d’augmentation des impositions locales prouvent que non. Est-ce qu’il faut se résigner à éduquer nos enfants uniquement par le biais des biou ? Peut-être que les générations futures penseront que Léonard de Vinci a pris l’alternative en estoquant la Joconde de la manade L’Amista et que Rudolf Noureev faisait des shows humoristiques avec Roumanoff sur M6 ! Toute une génération sacrifiée pour assouvir les plaisirs de quelques élus férus de cette lointaine Andalousie chère aux contribuables ? Non nous ne le croyons pas.

La culture à Beaucaire c’est aussi le véritable et très beau musée Auguste Jacquet, mais qui, à notre sens, mériterait plus. Gageons sur les compétences de la nouvelle conservatrice. C’est aussi une école de musique dont les tarifs, trop élevés durant l’ancienne municipalité, ont été, à la demande de Réagir pour Beaucaire, indexés sur le quotient familial, permettant ainsi aux familles les plus démunies d’y entrer. Une bibliothèque, des bouquinistes et des artisans d’art. Ces deux dernières initiatives s’apparentant plus à une course aux labels, avec leurs lots de subventions pour la ville, plutôt qu’à une véritable volonté culturelle.

La culture à Beaucaire c’est encore le manque de lieux spécifiques pour que des manifestations puissent se produire. Là encore, le manque de budget nous diriez-vous, mais n’oublions pas que dans un budget communal il y a des chiffres mais aussi des orientations. Et nous ne croyons pas qu’à Beaucaire la culture fasse partie des principaux soucis des élus de la majorité. La culture populaire, bien que pour satisfaire un électorat, c’est bien, mais il en faut aussi pour tous les goûts. La culture n’est pas qu’un divertissement, elle a principalement un rôle éducatif. Les Beaucairoises et Beaucairois de toutes origines sociales et de toutes générations confondues y ont droit.

Réagir pour Beaucaire, durant la campagne, contrairement aux autres listes électorales, proposait plusieurs axes de travail pour que Beaucaire et les Beaucairois puissent bénéficier d’une véritable politique culturelle digne de ce nom.

Les propositions de Réagir pour Beaucaire peuvent se résumer en trois points principaux :

  • La création d’une véritable médiathèque. Il semblerait que la municipalité en place ait entendu la demande des Beaucairois, mais ne soit pas pressée de leur répondre.
  • La création d’une école municipale d’art plastique. Là encore la demande est forte, des associations locales se sont impliquées et ont déposé un projet en ce sens, mais comme toujours les crédits ne sont pas au rendez-vous.
  • La mise en place de résidences d’artistes afin de fédérer les diverses actions culturelles locales en partenariat avec le service des affaires culturelles de la mairie, la Direction régionale des affaires culturelles, les associations locales et des artistes confirmés.
    Les projets d’artistes en résidence permettent de générer des actions culturelles réfléchies, intelligentes, budgétisées, ouvertes à tous dans tous les domaines artistiques. Plutôt que de proposer aux Beaucairois la culture du consommable, genre un spectacle tout prêt et bien emballé, un artiste en résidence par le biais d’un contrat va pouvoir pendant une période donnée proposer à tout public (enfants, adultes, scolaires, 3ème âge, …) tout un échange, une communication de son travail (visites d’atelier, conférences, interventions en milieu scolaire, spectacles, expositions, etc…). Les financements pour ce genre de projets existent, mais il s’agit de monter des dossiers parfois lourds (il y a des personnes compétentes à la mairie pour ça), mais surtout les choix et les orientations culturelles de la ville doivent satisfaire le maximum de gens et non pas faire le bonheur de certains élus. Pour ce faire on attend encore la création et surtout les réunions des commissions extra-municipales de la culture.

Mais, paraît il, Monsieur Bourbousson, que les vendanges tardives font les meilleurs vins, à condition bien sûr que les intempéries ne viennent pas pourrir les grappes (encore un vieux proverbe chinois à méditer !)

Une politique culturelle ne consiste pas seulement en une programmation de spectacles ou d’évènements… Nous pensons que la culture doit contribuer largement à développer la société, les quartiers, en permettant au plus grand nombre de découvrir, de transmettre, de s’exprimer, bref de développer nos capacités à VIVRE ENSEMBLE.

A Beaucaire, les lieux de rencontre sont rares, c’est pourquoi nous sommes favorables à la création de lieux tels le centre socio-culturel, la Maison des Jeunes et de la Culture ou même la maison de quartier hébergeant des artistes sur les lieux d’activité.

A RPB, nous voudrions que le plus grand nombre de Beaucairois trouvent un lieu pluridisciplinaire de rencontre entre l’Homme et l’Art où il serait possible de confronter des idées, partager une vie de groupe…

De nombreux appartements sont encore vides et non rénovés : pourquoi ne pas les transformer en locaux disponibles pour des artistes animateurs ? Ces lieux auraient rapidement une âme, donneraient du sens à la vie collective… Chaque Beaucairois pourrait ainsi trouver écoute, conseils à travers le sport, la formation, les Arts (peinture, théâtre, cinéma, danse, musique…).

Qui pourrait faire croire que le centre ville de Beaucaire ne peut connaître que la violence, l’indifférence, la médiocrité ???

RPB ne rêve pas : OUI, c’est possible !!! Chiche !