Lettre d’information d’avril 2011

Mauvaise passe

Le Stade beaucairois, par l’intermédiaire de son nouveau président Georges Cornillon, a obtenu du conseil municipal une avance de la totalité de sa subvention pour l’année 2011-2012 pour permettre au club de terminer la saison en cours. Celui-ci a justifié cette demande en évoquant la situation financière du club qui à ce jour est au bord de la faillite. Cette avance sera ensuite remboursée sur une durée de 10 ans par reconnaissance de dette contractée auprès de la mairie.

Comment en est-on arrivé là ?

L’équipe première est la vitrine d’un club de football. Si elle est performante, elle permet d’attirer de nombreux jeunes qui viennent ensuite grossir les rangs du club. Toute la difficulté de la politique conduite par les dirigeants consiste à trouver un savant équilibre entre la part d’investissement consacrée à l’équipe première et celle accordée à l’encadrement des jeunes. Equilibre d’autant plus difficile à trouver que les exigences de rémunération de certains joueurs sont toujours plus élevées et que les piètres performances de l’équipe nationale au mondial 2010 ne suscitent pas les vocations de nos jeunes.

Les élus de gauche soutiennent l’initiative de Georges Cornillon dont l’intention est de sauver cette institution à laquelle sont attachés de nombreux Beaucairois. Les objectifs affichés sont plus modestes et plus conformes à la stature du club. Il recentrera son action vers les jeunes qui constituent un vivier suffisant sans avoir à s’attacher les services de joueurs prêts à se vendre au plus offrant.

Il la sent bien

« Pour 2012, je la sens bien » (Nicolas Sarkozy ; Œuvres choisies, Avril 2011)

L’a-t-il sentie, la colère des milliers de « petites mains » de Carrefour, dont des dizaines à Beaucaire, qui, l’autre samedi, ont fait grève parce qu’ils et elles en ont assez de l’existence en miettes, du travail à temps partiel imposé, de la vie qu’on perd à vouloir la gagner ? L’a-t-il senti le mal-être des chauffeurs de Decoux pressurés par la direction ? L’a-t-il bien sentie la grogne des salariés d’Axima, qui bossent par tous les temps, sur le Boulevard Foch comme sur des tas d’autres chantiers en France, et qui ont de plus en plus de mal à boucler les fins de mois, quand, parce qu’ils et elles le valent bien, les 2.000 foyers les plus fortunés de France vont bénéficier des effets conjugués des derniers feux du « bouclier fiscal » et du rabotage de l’impôt de Solidarité sur la Fortune : 180.000 € de rabais supplémentaire (chacun !) sur leurs impôts ! Et ce n’est qu’une moyenne ! Il y ajoute la provocation d’une prime facultative, au montant incertain, qu’on touchera ou pas et qui servira d’alibi au grand patronat pour ne pas augmenter les salaires ! Les yeux rivés sur 2012 et sa réélection, le nez pincé, la sent-il bien l’odeur de la crotte sous laquelle il étouffe les petites gens ? La sent-il bien la puanteur que dégagent ses ministres et leurs propos dans leur course à la lepénisation des esprits, dont au bout du compte risque de sortir vainqueur le monstrueux original plutôt que la copie sinistre.

Eh bien, on va la lui faire sentir, et avant 2012, et sans se tromper ni de colère ni de cibles : ce ne sont pas aux pauvres bougres qu’on essaie de nous désigner comme coupables de payer, mais bien à ceux qui la sentent bien parce qu’ils croient qu’ils le valent bien et qui ont mis le pays en coupe réglée !

Crimes en direct

Dernièrement les médias ont fait leurs choux gras de faits divers dramatiques filmés par des caméras de vidéo-surveillance. Les télévisions ne manquent pas de diffuser des extraits d’agressions violentes, souvent gratuites. On tremble face à un tel déchaînement de violence mais on nous rassure en vantant les mérites de ces caméras qui permettent de retrouver rapidement les agresseurs. Ont-elles pour autant permis d’éviter les drames ? Non. Sont-elles efficaces pour prévenir ces violences ? Non. En revanche elles ont largement justifié l’abandon d’une police de proximité seule capable de conduire une action de prévention et de dialogue avec la population.

Fusion des commissariats : lettre au député Yvan Lachaud

Monsieur le Député,

La fusion des commissariats de Beaucaire et de Tarascon doit être effective à la rentrée scolaire 2011. Le commissariat de Beaucaire devrait ainsi disparaître dans sa configuration actuelle au profit de celui de Tarascon. Les effectifs globaux qui sont actuellement de 110 agents sur les deux communes devraient êtres réduits à 80.

Le niveau de satisfaction des Beaucairois vis-à-vis de la mission de service public assumée par la Police Nationale est déjà très faible. Il s’explique notamment par un nombre d’actes délictueux nettement supérieur à la moyenne et en presque constante augmentation. Ainsi, pour ne citer qu’eux, les vols avec violence et les vols de véhicules ont augmenté respectivement de 29 et 55 % entre 2010 et 2011 pour atteindre les chiffres significatifs de 44 et 128 infractions. Le nombre de cambriolages quant à lui reste relativement stable, mais à un niveau anormalement élevé, c’est à dire 155. Cette insatisfaction est aussi une conséquence de la banalisation des incivilités qui, ajoutée aux chiffres évoqués plus haut, développe un sentiment de « zone de non droit » dans certains quartiers de la commune comme le centre-ville par exemple.

L’actuel Maire, M. BOURBOUSSON, affirmait déjà dans son programme de campagne des dernières élections municipales que « nombre de Beaucairois se plaignent d’un manque évident de présence policière sur la commune. Notre objectif est de remédier à cette carence ». La situation a malheureusement continué de se dégrader depuis 2008 et, alors que l’une des attentes des Beaucairois face à ce constat reste un renforcement de la présence policière sur le terrain, l’éloignement et la réduction des effectifs est donc la réponse proposée. Beaucaire est classée en zone urbaine sensible, en zone d’éducation prioritaire, ses taux de chômage et de personnes vivant des minimas sociaux sont parmi les plus élevés de la région. C’est donc une population vulnérable qui va se retrouver plus fragilisée encore, alors qu’elle comptait fortement sur son Maire et ses relations ministérielles afin qu’il défende en haut-lieu et avec détermination le droit à la sécurité de ses administrés.

M. BOURBOUSSON a tout d’abord été fuyant en refusant d’inscrire le sujet à l’ordre du jour du conseil municipal malgré notre insistance. Puis on l’a trouvé plutôt optimiste quand il a déclaré à la presse le 17 novembre « On pourra déposer plainte à Beaucaire et le service dans la ville et à la campagne restera ». Quelques jours plus tard il affichait, en pleine page du Midi Libre, son opposition farouche au projet. Le 25 novembre, il faisait encore la une du quotidien et vantait ses mérites dans cette nouvelle cause défendue auprès de deux conseillers du cabinet du Ministre. Dans la foulée il lançait une pétition concurrente à celle circulant déjà en ville, faisait voter une motion par le conseil municipal et organisait une marche citoyenne entre la mairie et le commissariat.

Et puis lors de la réunion publique organisée à l’initiative de M. le Préfet du Gard pour présenter le projet à la population, ce dernier, pour évoquer l’implication de M. le Maire dans le dossier, l’a comparé à un « pitbull ne lâchant jamais sa proie ». Ce qui n’a pas empêché M. BOURBOUSSON de co-présider la réunion aux côtés de M. le Préfet et de ne jamais lui opposer le moindre contre-argument.

Alors comment comprendre la posture d’un homme politique qui un jour organise une manifestation d’opposition au projet et qui le lendemain siège aux côtés du préfet venu en vanter les mérites ?

Vous l’aurez compris, les Beaucairois, qui sont plus de 3000 à avoir manifesté officiellement leur opposition au projet en signant les pétitions évoquées plus haut, ont abandonné tout espoir que M. Maire les défende jusqu’au bout. Lors des questions diverses du dernier conseil municipal, ce dernier a d’ailleurs laissé entendre à demi-mot que des patrouilles de police « mixtes », avec des personnels de Beaucaire et de Tarascon circulaient déjà. Aussi les habitants ont-ils décidé, et nous nous en faisons l’écho, de s’en remettre à leurs Elus nationaux, en l’occurrence les Députés et Sénateurs du Gard.

C’est pourquoi, au nom du droit à la sécurité de tous les Beaucairois, nous sollicitons votre haute bienveillance afin que ce sujet soit évoqué à l’Assemblée Nationale lors des questions du mercredi et que toute autre action utile soit entreprise afin de maintenir, voire renforcer, les effectifs du commissariat de Beaucaire.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Député, l’expression de mes salutations les plus distinguées.

Le président, Francis Foussard

Lettre d’information de mars 2011

Parlons budget

Avec le printemps arrive le temps pour les élus d’examiner les finances locales en conseil municipal. Le compte administratif, en fait le relevé de toutes les factures émises ou encaissées par la commune au cours de l’année 2010, a été débattu lors du dernier conseil. Ce document, très épais, nous apprend ce qui s’est réellement passé avec nos impôts. Ainsi, nous avons pu voir que si la commune avait envisagé de réaliser pour 12 millions d’€ de travaux pour l’année 2010, elle n’en avait en fait réalisé que pour un montant de 4 millions.

Et alors où est le problème ?

La moyenne nationale de dépenses brutes d’équipement en France pour les villes de 10 000 à 20 000 habitants s’élève à 453 € par habitant. A Beaucaire elle était de 241 € par habitant en 2009 et chute à 187 € par habitant en 2010. De nombreux bâtiments communaux, terrains, chemins… nécessitent des frais de remise en état, de mise en conformité, d’améliorations : et bien tout ceci est renvoyé à l’année prochaine, ou bien à celle d’après, si bien que ce parc immobilier se dégrade peu à peu. Autre constat, le produit des 4 taxes (foncier bâti, non bâti, taxe d’habitation, taxe professionnelle) s’élève à 816 € par habitant à Beaucaire. La moyenne nationale, très inférieure, est de 484 € par habitant. Nous pouvons en conclure que Beaucaire est une ville riche, mais que la population est pauvre, car 53% des Beaucairois ne paient pas d’impôts sur le revenu. Comment se fait-il que cette manne ne soit pas mieux utilisée pour le bien être des Beaucairois ?

Pour illustrer la navigation à vue qui est la marque de fabrique de la municipalité actuelle, les dépenses de fonctionnement ont diminué de 1,5 millions d’€ et les recettes ont augmenté de 475 000 €, soit un total de près de 2 millions d’€.L’augmentation de 11% des impôts locaux en 2010 était-elle nécessaire ?

Enfin, une information sur la perte d’attractivité de notre ville apparaît lorsque l’on constate que le nombre de résidences secondaires est passé de 326 en 2009 à 192 en 2010.

Un chiffre qui devrait interpeller les élus de la majorité.

Planète bis

L’homo sapiens (l’homme sage) l’est-il encore ?

Grâce à la science, l’homme a pu réaliser un rêve : aller dans l’espace et marcher sur la lune.

De même il a pu descendre au fond des abysses .Pour pénétrer ces milieux hostiles qui l’entouraient, son génie lui a permis de contourner tous les obstacles.

Dans une sorte de processus inverse, en plongeant au cœur de la matière à la rencontre de l’atome, il s’est inventé un cauchemar.

Il a créé un milieu hostile qu’il ne peut pas pénétrer sauf à le payer au prix de sa santé, voire de sa vie, un milieu où le simple geste de brancher un tuyau d’eau afin de refroidir le monstre en fusion est une mission impossible.

La survie de notre espèce est menacée par cette science sans conscience.

Les leçons de Tchernobyl n’ont pas été tirées .Agissons pour que celles de Fukushima le soient.

Parce qu’il n’y a pas de planète bis, il faut sortir au plus tôt du nucléaire.


RPB organise le mercredi 13 avril à 18h30 une projection du dernier film de Coline Serreau « Solutions locales, désordre globale » au cinéma leREX de Tarascon. Elle sera suivie d’un débat sur l’agriculture.

Combien ça coûte ?

De nombreux chiffres ont circulé à propos du coût des festivités, des corridas… Nous sommes en mesure de communiquer ceux de 2009.

Coût des festivités

→ Festival de l’humour : 205 716 € dont 119 750 € à la charge des beaucairois

→ Estivales : 344 892 € dont 306 305 € à la charge des beaucairois

→ Beaux quais : 133 750 € dont 133 750 € à la charge des beaucairois

→ Concert Patrick Bruel : 151 453 € dont 59 404 € à la charge des beaucairois

→ Fêtes de Noël : 44 629 € dont 44 100 € à la charge des beaucairois

→ Communication : 59 929 € dont 49 700 € à la charge des beaucairois

Total : 948 128 € dont 713 009 € payés par nos impôts, la différence étant supportée par des subventions ou par la billetterie, le coût des emplacements…

Coût des animations taurines et équestres

→ Courses camarguaises : 307 796 € dont 137 796 € à la charge des beaucairois

→ Corridas : 481 319 € dont 297 485 € à la charge des beaucairois

→ Lusitanien : 125 991 € dont 100 740 € à la charge des beaucairois

→ Affaires taurines ?? : 64 463 € dont 63 958 € à la charge des beaucairois

Total : 979 869 € dont 599 979 € payés par nos impôts.

713 009 € + 599 979 € = 1 312 988 € soit 8 612 607 francs ,vous avez bien lu , huit millions six cents mille francs pour faire la fête. Ce qui représente 14 % des dépenses de fonctionnement et 84 € par Beaucairois.

Pas mal en période de crise !

Jean-Marie André et l’histoire

Alors voilà, la bête politique a rendu son tablier après 28 ans d’une carrière qui l’a propulsée jusqu’à l’assemblée nationale. Spécialiste du coup de gueule et de l’effet de manche, il démissionne pour «dénoncer la gestion catastrophique et irresponsable de la commune depuis trois ans» dans une dernière (?) saillie qui a longtemps fait le bonheur du Midi Libre et , il faut bien le dire, d’une majorité de Beaucairois.

Élu pour la première fois en 1983 à la tête de la mairie, il n’aura eu de cesse de dénigrer l’action de son prédécesseur, José Boyer, parlant de commune sinistrée à son arrivée au pouvoir. Il le répète encore aujourd’hui afin d’ asseoir sa condition d’homme providentiel qui a permis «la résurrection» de la ville. Amen.

Plutôt que de relancer la polémique qu’il affectionne tant, nous lui offrons pour sa retraite des éléments de réflexions sur quelques faits historiques et néanmoins indiscutables. Sans pour autant espérer de sa part, et pour rester sur le même registre que lui, quelque acte de contrition et de repentir.

Au delà des actes , il y a les idées. Des idées structurées par une philosophie au services de tous et non pour l’intérêt d’un petit groupe. Voici celles qui animaient les différentes équipes Boyer :

  • être au service de tous
  • faire payer les riches par le levier de la taxe professionnelle ;
  • redistribuer les richesses ;
  • favoriser les logements sociaux par des programmes de construction individuels et collectifs ;
  • défense du petit commerce en refusant l’implantation de grande surface ;
  • défense de la laïcité et respect de la loi de 1905 en refusant par exemple les signes religieux pendant les fêtes ;
  • lutte contre la spéculation immobilière par la création de zones d’aménagement différées ;
  • obligation pour les promoteurs de créer des espaces publics (locaux et places) de participer à l’édification des services publics (école de Puech Cabrier)
  • intégration des services publics dans les opérations d’aménagement (écoles, commerces, espaces publics, salle polyvalente, gymnase, etc …)

Quelles étaient les idées de Jean-Marie André et quelles sont celles de son bébé Jacques Bourbousson ?

Une équipe composée de communistes, de socialistes et de démocrates, avec à sa tête José Boyer, gagne les élections le 15 mars 1959. A cette époque, la limite urbanisée de Beaucaire est celle que l’on appelle aujourd’hui centre ville. Les infrastructures publics sont très sommaires voire inexistantes : une voirie digne des voies romaines avec des rues pavées de calades , une ville plongée dans le noir à la tombée de la nuit, un réseau d’adduction d’eau ne desservant que quelques rues, des égouts à ciel ouvert aux entrées de la ville, des bâtiments communaux et des écoles nécessitant un solide rafraîchissement, une absence d’équipements sociaux : pas de foyer restaurant pour les personnes âgées, pas de crèche et pas de maisons des jeunes, et un déficit en logements qui obligeaient les beaucairois à s’exiler.

Voilà l’immense chantier auquel se sont attelées les différentes majorités municipales dirigées par José Boyer. En voici un résumé :

Les premiers efforts se sont concentrés sur les équipements du centre ville. Qualifié de priorité des priorités, l’adduction en eau potable nécessita de gros investissements pour sécuriser et étendre le réseau. Dès 1959 un réservoir de 1000 mètre cubes fut construit à la cote 50 sur la colline du Sizen, un puits de captage et une station de pompage moderne complétèrent ce dispositif. Parallèlement l’extension du réseau d’eau permit d’approvisionner tout le centre ville ainsi que le sud du canal et l’ouest du boulevard Foch, ce qui représentait à l’époque plus de 10 kilomètres de canalisation.

Les premiers travaux d’un réseau de tout à l’égout débutèrent en 1964 grâce à une subvention accordée par l’ État et devaient s’étaler sur deux décennies.

La modernisation de l’éclairage entrepris dès 1960 permit l’installation de luminaire dans toutes les rues du centre-ville l’année suivante.

La réfection des rues fut entreprise, le bitume remplaçant progressivement les « calades ». Alors que huit rues de la ville étaient couvertes d’ enrobé en 1959, on en comptait 92 en 1964 pour une longueur de près de 10 kilomètres linéaires. Ce même effort était entrepris pour la voirie rurale, complété par un curage de la Roubine Royale, d’une installation de panneaux de signalisation à certains carrefours dangereux.

Le nouveau maire, instituteur de son état, ne pouvait être indifférent à l’état de certaines écoles de Beaucaire. De gros travaux furent entrepris pour accueillir dignement les petits beaucairois. C’est aussi au cours de ce mandat que furent inaugurés le collège Eugène Vigne (reconstruit récemment) et le collège d’enseignement technique Paul Langevin pour lesquelles la commune dut supporter l’achat des terrains ainsi que la création des réseaux d’eau, d’assainissement, de gaz et d’électricité.

L’attention portée aux vieux travailleurs se concrétisa par la création d’un centre de paiement de la sécurité sociale, évitant ainsi le déplacement à Nîmes. Celui-ci permit également le remboursement plus rapide des frais médicaux avancés par les patients. Cette mesure prit toute son importance pour les familles les plus modestes.

Une maternité fut ouverte en 1961 mais celle-ci ne put survivre à une politique de rigueur imposée par l’Etat.

Pour répondre au souhait de nombreux beaucairois de rester sur leur commune et alors que nombre d’ entres eux devaient s’exiler, une ZUP fut crée en 1965 dans les quartiers de Puech-Cabrier et La Moulinelle. C’est au cours de ces années que s’élevèrent les résidences ’Les colombes », « Les Iris ». Sans toutefois oublier ceux qui préféraient la maison individuelle puisque dès 1969 des programmes de villas et de pavillons (« Les Oliviers », « Les Grillons », « Les Amandiers ») purent satisfaire une demande croissante.

La constitution d’un syndicat mixte d’équipement le 4 août 1966, en étroite collaboration avec la chambre de commerce de Nîmes, constitua la première pierre qui aboutit en 1973 à la création d’une ZAC de 50 hectares. Elle fut suivie dans la foulée d’une zone d’aménagement différé de 180 hectares afin de prévoir une extension de l’actuelle zone industrielle. Elle connut un succès immédiat avec l’installation d’une unité de Saint-Gobain Industries à la fin de cette même année. De nombreux emplois furent crées et la taxe professionnelle versée facilita le financement et la poursuite des travaux déjà engagés.

On retrouvera une trame de ces grands chantiers au cours des mandats successifs de José Boyer. Sans entrer dans le détails, on peut citer :

  • l’extension de la ZUP pour laquelle l’office Départemental HLM réalisa plus de 700 logements collectifs auquel il fallait ajouter 114 pavillons individuels. En 1976 le centre commercial de la ZUP sorti de terre, conférant à l’ensemble une cohérence que l’on ne retrouve pas dans les nombreux lotissements crées par les majorités dirigées par M. André.
  • la poursuite de l’effort concernant l’assainissement permit de faire disparaître les cloaques que l’on trouvait aux entrées de la ville. Plusieurs stations de relevage furent créer. Point d’orgue de cette immense progrès, la mise en service d’une station d’épuration moderne était mis en service en avril 1977.
  • la création d’un Centre Communale d’Action Sociale après l’acquisition d’un immeuble du boulevard Joffre permit l’ouverture du Foyer Restaurant pour personnes âgées le 5 janvier 1979. Cet équipement hébergea des clubs pour la lecture, les loisirs, la détente, le service de Protection Maternelle et Infantile, le Centre de Planification et le service d’ Hygiène Mentale inaugurée le 24 février 1981. Anticipant la tendance actuelle qui porte des projets de création de structures accueillant à la fois des personnes âgées et de jeunes enfants, la Halte Garderie fut installée dans le même immeuble ouvrit ses portes aux petits beaucairois en avril 1982.
  • la modernisation des équipements scolaires et péri-scolaire fut poursuivis : création de cantines scolaires, organisation de classes vertes pour les enfants de Beaucaire, aménagement des circuits de transports, déménagement du centre aéré dans des locaux aménagés sur un vaste terrain, réaménagement de l’ancienne école de Saujean (sur la route de Fourques) en centre d’accueil dont profitèrent de nombreuses associations beaucairoises. La taxe professionnelle de l’usine hydroélectrique contribua largement au financement de la construction de la piscine. Les associations concernées eurent accès dès 1981 à la halle des sports qui comprenait une salle omni-sports, de vestiaires, d’une salle de massage. Structures qualifiés par M. André au moment de sa conquête du pouvoir «d’équipements de prestige»…
  • la revitalisation du centre ancien pour sauver le centre-ville du dépérissement fut engagé au cours du quatrième mandat (1977-1983) par la création d’une OPAH (opération programmée de l’amélioration de l’habitat) qui prenait en compte les aspects sociaux, architecturaux et financiers des différentes actions à mener. L’aménagement de la place Vieille fut réalisé, et devait être complété par la réfection de la montée du Château. La commune racheta près de la moitié des immeubles de l’îlot du temple, deux bâtiments de l’îlot de la Glacière ainsi qu’une partie de l’ îlot des Pêcheurs. Cet effort ne fut pas poursuivi par la nouvelle équipe arrivée en 1983, on connaît la suite.

Le mot de la fin revient à José Boyer qui introduisait son livre «Beaucaire une page d’histoire» en évoquant

le témoignage d’un passé récent, mais trop souvent oublié, plus souvent aussi dénaturé dans un but peu honorable par ceux qui, délibérément, prennent trop de licences avec la vérité.

Lettre d’information de février 2011

Ter répétita

C’est reparti pour un tour de piste à 100 000 €. Après avoir déclaré que cette fois-ci ils avaient compris, ils seraient raisonnables, les élus de la majorité ont changé d’avis. Cette attitude vertueuse n’aura duré que quelques mois, place au gaspi.

 Les corridas de l’été 2011 ne devaient coûter « que » 30 000 € aux Beaucairois, elles coûteront bien plus cher, à minima 150 000 € moins les entrées et la vente des carcasses d’animaux, soit, en étant optimiste, 100 000 € à la charge des contribuables.

Organiser une seule corrida ou une bonne novillada aurait été plus adapté à la situation financière de la ville et à son statut dans le mundillo, les aficionados locaux ne manquant pas d’occasions d’assouvir leur passion dans les arènes prestigieuses de Nîmes, Arles ou Béziers.

En estimant à 500 le nombre d’aficionados beaucairois, le coût pour ces deux corridas programmées est de 100 000€ : 500 = 200€/aficionado.

Ce chiffre est à mettre en perspective avec la subvention accordée par la mairie au stade beaucairois 30, soit 88 000 €. Avec cette somme et l’aide de quelques sponsors, les dirigeants du stade prennent en charge 400 licenciés et leurs éducateurs pendant toute une année.

Communauté de commune Beaucaire Terre d’Argence ou armée mexicaine en déroute ?

Plusieurs délibérations votées en conseil municipal ont élargi les compétences de la CCBTA : éclairage public, Château de Beaucaire, assainissement non collectif, Fisac, collecte des déchets,… Certaines de ces décisions peuvent se justifier par les économies d’échelle réalisées.

 Mais qu’en est-il de l’efficacité d’une telle structure et de sa réactivité face aux demandes des citoyens ?

Les deux exemples qui suivent permettent de répondre en partie à cette question :

  • le 14 décembre 2010, au cours de la réunion de quartier, initiée par l’ARCA, des habitants du centre-ville ont souligné l’absence d’éclairage à la tombée de la nuit rue de la République. Demande transmise par Mme Bourgues à la CCBTA qui n’a pas réagi. Nouvelle réclamation auprès de Mme Bourgues à l’issue du conseil municipal le 19 janvier dernier, sans effet.
  • le 25 janvier, M. Bourbousson appelait, en présence de deux élus de l’opposition de gauche, un responsable de la CCBTA afin de lui demander de laver quotidiennement la Montée du château, vespasienne pour certains locaux et venelle « accessoirement » empruntée par les touristes dès les premières vacances de février. On aurait pu croire que l’autorité naturelle et l’exemplarité de notre maire auraient suffi. On aurait pu le croire, mais à ce jour rien n’a été fait.

Pour compléter le tableau, deux membres de RPB se sont rendus au siège de la CCBTA jeudi 24 février afin de consulter les documents administratifs relatifs au marché du SPANC (assainissement non collectif) attribué à Veolia. Pas de chance, aucun cadre présent ce jour-là pour les renseigner : certains étant en vacances, d’autres en arrêt maladie, personne pour assurer la continuité du service.

Quand le chat n’est pas là, les souris dansent…

Stupeur et tremblements

Le 8 février dernier, le projet de loi « inique » d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI) a été approuvé définitivement par le Sénat et l’Assemblée Nationale. Sans surprise, ce texte entérine des transferts de compétences massifs aux communes, alors qu’elles étaient jusque-là assumées par la Police nationale. Ainsi, pour ne citer que cet exemple, les directeurs de services de Police municipale pourront conduire des enquêtes du « quotidien » ce qui leur permettra de constater les crimes et les délits, de recueillir des renseignements sur l’auteur des infractions, voire de procéder à des perquisitions. La stratégie est évidente et est illustrée parfaitement avec le cas de Beaucaire : déploiement de la vidéosurveillance avec l’aide de l’Etat, recrutement dans la Police municipale, démantèlement de la Police nationale avec la fusion des commissariats de Beaucaire et de Tarascon. Avec cette politique, la droite locale et nationale remet donc une nouvelle fois en cause l’égalité d’accès à un droit fondamental, à savoir, ici, celui à la sûreté. Ainsi, selon que vous vivrez dans une commune riche ou pauvre, la qualité des missions rendues par la Police municipale ne sera pas la même. Depuis la suppression par la droite de la police de proximité, les missions de la Police nationale n’étaient déjà plus remplies de façon satisfaisante. Qu’en sera-t-il demain à Beaucaire : le pire est à craindre. Ceci d’autant plus que la LOPPSI va permettre de déléguer le visionnage des images de la vidéosurveillance à des opérateurs privés. On voit poindre ici le troisième étage de la fusée gouvernementale, après le désengagement de l’Etat, le transfert aux communes, voici la privatisation. Alors M. le Maire peut bien nous réciter en conseil municipal une lettre sans faute de français, qu’il a envoyée aux préfets des départements du Gard et des Bouches du Rhône où il exprime son opposition à la fusion des commissariats. Tout ceci n’est qu’imposture. A quand une mobilisation massive des Beaucairois au nom du respect de leur dignité de citoyen ?

Les enfoirés sont à Beaucaire

Lundi 7 février 2011 l’antenne beaucairoise des restos du cœur était inaugurée en présence de M. le préfet du Gard.

Ambiance :

Parmi les soixante participants, une trentaine de bénévoles, féminines pour la plupart, les « autorités locales et départementales », masculines exclusivement, et la présence insolite des représentants du parti radical décidément de plus en plus présents sur Beaucaire et dont on se demande ce qu’ils font là, au resto du cœur.

Après la traversée rapide des réserves alimentaires (produits premier prix) de l’association, lait, pâtes, conserves, pommes de terres, pommes,… exposées sur des étagères, l’assemblée se dirige vers la salle de restaurant du foyer où un copieux buffet servi par un traiteur l’attend.

Avant les agapes, quelques-uns de ces messieurs costumés et cravatés ont discouru, faisant l’éloge de la fraternité, soulignant que manger c’est le premier des droits de l’homme, vantant les mérites de Coluche, énumérant les chiffres de la misère (1 milliard de repas servis, 8 millions de Français sous le seuil de pauvreté, 52 % des Beaucairois non soumis à l’impôt sur le revenu, 170 foyers déjà inscrits sur Beaucaire, 400 attendus…). Aucun ne s’est indigné des chiffres publiés le jour-même : ceux de l’industrie du luxe qui ne s’est jamais aussi bien porté, LVMH + 73% de chiffre d’affaires en 2010, Hermès + 13%. Etait-ce indécent ?

Sans aucun doute non, en revanche, comme l’a souligné un participant anonyme, qui a quitté la salle sitôt les discours terminés, il était indécent d’organiser un buffet à l’issue de cette inauguration.

Voeux 2011 : Le discours

Bonsoir Chers Amis,

Merci de nous avoir rejoints nombreux pour célébrer cette nouvelle année qui, je l’espère, sera riche en victoires militantes au nom de la solidarité et de la démocratie. Merci de réserver un accueil chaleureux à nos trois élus qui n’ont malheureusement pas eu la chance d’être invités aux voeux de la Mairie. Merci aussi à notre ami Juan Martinez, député du canton d’avoir fait le déplacement. Ce moment se doit d’être placé, comme l’année dernière, sous le signe de la convivialité et de la fraternité. Permettre aux militants de se retrouver, de mieux se connaître, de renforcer ce lien qui nous sera tellement indispensable pour mener à bien le travail qui nous attend en 2011, tel est l’objectif de la soirée. Alors surtout ne soyez pas timides, exprimez-vous.

Les voeux sont souvent un exercice formel d’autosatisfaction devant un public acquis d’avance. Alors cette année, une fois n’est pas coutume, nous avons décidé de bouleverser un peu l’ordre des choses en essayant de reconnaître les talents de nos adversaires politiques et en commençant par le plus emblématique d’entre eux, à savoir M. le Maire. Alors parmi les nombreuses qualités du personnage, celle qui saute évidemment aux yeux c’est sa capacité à faire évoluer ses positions politiques. Ainsi, s’il a été « pour » l’implantation de la centrale électrique au gaz POWEO en zone agricole avant les élections de 2008, il s’est finalement déclaré « contre » entre les deux tours et a ainsi pu remporter les élections. En tant qu’élu dans le syndicalisme agricole depuis 33 ans, il s’est tout d’abord déclaré contre l’implantation de centrales photovoltaïques au sol en zone agricole. Il est vrai qu’implanter des installations industrielles en zone agricole, cela ne semblait pas raisonnable. Transformer les agriculteurs en spéculateurs fonciers, hypothéquer l’auto-suffisance alimentaire de demain pour satisfaire aux exigences écologiques d’aujourd’hui. Qu’à cela ne tienne : EDF-EN est passée par là et vous connaissez la suite.

Vous allez nous dire à juste titre qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et, du moment que la ligne politique générale est claire et rassembleuse, alors il n’y a rien à ajouter. Là aussi, M. le Maire fait preuve de qualités hors pair dans sa capacité de synthèse politique. Son orientation est le parti radical valoisien que l’on pourrait qualifier de centre droit. Ce mouvement se veut toujours à la recherche de, je cite, « la ligne médiane de l’intérêt général » et reposer sur les valeurs de la République et de l’humanisme. Appliquant ce principe à la lettre, M. Bourbousson a donc pu se faire élire avec des soutiens allant du Front National jusqu’à des sympathisants socialistes. Alors c’est vrai, mathématiquement, le centre de gravité politique de ses électeurs a bien été le centre droit lors des municipales. Dans un même registre il a soutenu Christian Jeanjean, divers droite, au premier tour des Régionales de 2010 puis feu Georges Frêche au second tour. Aux prochaines législatives, il se retrouvera vraisemblablement face au député sortant Yvan Lachaut du « nouveau centre », parti lui aussi de centre droit associé à l’UMP. Alors rassembler au-delà des extrêmes, soutenir des candidats de gauche et être prêt à en découdre avec des rivaux de centre droit, quoi de plus exemplaire en terme de modernité. Cette vision politique au-delà des clivages traditionnels, cette propension à l’ouverture, sont dignes des plus proches sujets de Sarkozy.

Donc en résumé, des opinions durables, des convictions politiques claires, une sincérité à toute épreuve ! Nous pouvons nous réjouir d’avoir au service des Beaucairois un parfait prototype de politicien professionnel bien qu’il s’en défende et se fasse souvent passer pour un amateur.

Alors on peut se demander pourquoi un tel acharnement de notre part à l’endroit de M. Bourbousson. Nous ne sommes pourtant pas en période de campagne électorale. En fait, ce n’est pas exactement la personne qui pose problème, mais plutôt ce qu’elle représente en tant que fruit d’un système de démocratie représentative moribond. En effet, les dignitaires issus pour beaucoup des mouvements de résistance de la seconde guerre mondiale ont peu à peu cédé la place à une classe politique organisée pour l’essentiel en caste consanguine pour qui le suffrage est devenu une rente. M. Bourbousson, pour ne prendre que cet exemple, passe ainsi du syndicalisme agricole à la Mairie, à la présidence de l’intercommunalité et brigue maintenant la députation.

Alors on pourra nous rétorquer à juste titre que ce propos s’apparente au « tous pourris » souvent colporté par les extrêmes et que rien ne prouve aux Beaucairois que s’ils nous font confiance nous ne deviendrons pas, nous aussi, des politiciens professionnels dispensant des discours démagogiques uniquement pour nous maintenir en place et satisfaire nos ambitions personnelles. La question est légitime et nous nous la posons régulièrement sans avoir de réponse évidente, si ce n’est que cela dépend avant tout de vous. En effet, nous sommes convaincus que ce sont les exigences et l’implication des citoyens qui rendront les politiques meilleurs. C’est d’ailleurs l’application de ce principe qui a conduit à la création de notre mouvement et à son développement. Ainsi notre nombre d’adhérents est, avec plus de 60 personnes, en augmentation de plus de 20% cette année. Notre site internet quant à lui, comptabilise à ce jour plus de 16000 visites avec une moyenne de 50 visites par jours. A RPB, point de personnage providentiel, notre intelligence, et c’est ce qui fait notre force, est celle du groupe. Ce qui nous importe le plus, ce ne sont pas les positions politiques que nous adoptons, mais plutôt le débat démocratique qui a permis d’y aboutir. C’est en effet l’apprentissage de ce débat et la découverte de l’enrichissement humain qui en découle qui est selon nous le meilleur terreau pour la démocratie de demain, c’est à dire celle de nos enfants.

Je voudrais personnellement insister, en tant que père de famille, sur la responsabilité de nos modes de vie actuels sur les conditions de vie auxquelles seront confrontés nos enfants dans le futur. Cette notion de responsabilité, qui ne veut pas dire culpabilité, est une graine que l’on se doit de laisser germer dans nos consciences comme l’ont fait nos aïeux et notamment ceux qui se sont battus durant la seconde guerre mondiale pour défendre nos valeurs républicaines contre le système fasciste de l’occupant. C’est cette notion de responsabilité vis-à-vis des générations futures qui a permis au Conseil National de la Résistance, comme le rappelle le dernier livre de Stéphane Hessel, d’élaborer un programme qui comprenait :

  • « […] Un plan complet de sécurité sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail
  • une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours
  • le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurance et des grandes banques
  • une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des états fascistes
  • la possibilité pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction la plus développée […] ».

C’est pour éviter que ses enfants soient à nouveau confrontés à la guerre que la France de l’époque, pourtant ruinée, a approuvé ce programme. Aujourd’hui, alors que la richesse de la France a doublé en 20 ans (PIB), les héritiers du gaullisme piétinent sans complexe ce socle républicain garant de la cohésion nationale, ceci, au nom de la rigueur budgétaire et du libre-échange. Et la propagande des médias, détenus pour l’immense majorité par des financiers proches du pouvoir, de nous culpabiliser en nous invitant à nous estimer heureux de ce que nous avons : un CDD à temps partiel, c’est toujours mieux que le chômage, une retraite à 62 ans c’est toujours mieux que pas de retraite du tout, etc. Et les valeurs de l’économie de marché de nous inviter à oublier nos désirs de projets collectifs et solidaires au profit de petites satisfactions matérielles individuelles. C’est quand-même plus agréable de regarder la télé sur un écran plat au chaud dans son salon que d’aller à une manifestation pour défendre le commissariat. Peu importe que les conditions d’enseignement dans le public se dégradent, j’ai les moyens de mettre mes enfants dans le privé.

Alors ce que nous avons à proposer aujourd’hui, ce n’est pas un programme de campagne pour les prochaines municipales rempli de promesses sans lendemain et de Yaka Fauqu’on. Ce n’est pas non plus un prêt-à-penser idéologique qui exonère tout un chacun d’une réflexion personnelle et d’esprit critique. C’est tout bonnement, en toute humilité, et sans commune mesure avec la dimension héroïque des mouvements de nos anciens, une démarche de résistance citoyenne motivée par la survie des générations futures. Pour que nos enfants ne nous accusent pas.

Nous n’en sommes heureusement pas à vous promettre comme l’avait dit Churchill en 1940 au lendemain de la débâcle française « du sang et des larmes ». Nous espérons seulement qu’avec le temps et peut-être grâce à notre modeste contribution, les esprits beaucairois se libèrent enfin et qu’une indignation positive puisse fleurir à nouveau dans nos consciences. Pour que nous n’attendions pas une désolation des institutions similaires à celles de la Tunisie de Ben Ali, ex-ami des dirigeants français, pour nous révolter.

L’espoir est entre les mains de chacun de nous et chacun de nous peut, à son niveau, contribuer au changement. Comme l’avait dit l’imposteur Sarkozy pendant la campagne de 2007 : « Ensemble tout devient possible ». Nous tenons à remercier vivement les militants-citoyens que vous êtes pour vos engagements et votre fidélité et souhaitons vous retrouver encore plus nombreux et encore plus motivés en 2011.

Lettre d’information de janvier 2011

Fausse interview

Pour compléter l’interview que M. Boubourbousson a accordée à Radio Bleue Gard-Lozère et que vous pouvez entendre ici : http://www.beaucaire.fr/spip.php?article3507&var_recherche=interview, nous vous livrons en exclusivité celle qu’il a consenti à RPB et à laquelle vous auriez pu échappé si vous n’étiez pas un inconditionnel de notre site :

RPB : M. Bouboursson, vous êtes sur tous les fronts. Défenseur du commissariat, défenseur de l’agriculture , militant acharné qui oeuvre à ré-ouverture de l’écluse , VRP du projet d’EDF-EN, candidat à la députation, est-ce votre cercle énergétique qui vous permet d’être aussi affuté ?

J.B. : Parfaitement, grâce aux ondes positives que j’arrive à capter, je surfe sur une vague électro-magnétique.

RPB : Ces mêmes ondes sans doute qui font vibrer vos tripes lorsque vous regardez ce canal cul-de-sac près duquel vous avez grandi ?

J.B. : (tout bas) peut-être pas, (méfiant) , j’ai sans doute abusé de l’eau de mon captage que des fonctionnaires pointilleux avaient jugés non conforme…

RPB : Et ce fameux troisième pied qui permet de faire avancer Beaucaire ? Quel triptyque ! l’agriculture, l’industrie, et le tourisme. Un résumé parfait de votre carrière non ?

J.B. (modeste) : Oh vous savez, moi ça fait trente cinq ans que je travaille au service des autres. Alors ceux-qui-viennent-me-donner-des-leçons-je-leur-réponds-que-moi-j’agis-et-eux-qu’ont-ils fait-rien-alors-les-donneurs-de-leçons-vous-savez…

RPB : Magnifique.

M. Bourbousson nous quitte précipitamment, un coup de fil sur son portable l’appelle vers d’autres destinées.

Le préfet nous rend visite

Ambiance lourde samedi 8 Janvier au casino municipal pour l’explication de texte de la réforme de fusion des commissariats de Beaucaire et Tarascon. Chef d’orchestre de cette matinée très protocolaire, le préfet introduit son propos en affirmant avec force la primauté de la sécurité comme l’un des droits fondamentaux de l’homme, si ce n’est le premier. Nul doute qu’il aurait pu revisiter ce palmares des droits en inscrivant celui à s’éduquer au cours d’un débat sur l’école, celui de se nourrir correctement s’il avait animé une rencontre sur l’agriculture. Délicieuse langue de bois qui se recycle au gré des nécessités …

La devise républicaine qu’il est censé incarner évoque aussi la liberté, l’égalité de traitement des citoyens. Est-ce pour respecter ces grandes idées que le gouvernement met à la disposition des parisiens un policier pour plus de 172 habitants alors qu’à Beaucaire on devrait se contenter d’un agent pour plus de 1000 habitants ?

L’exposé très technique du directeur départemental des Bouches du Rhône n’a convaincu personne dans le public. Comment faire avaler aux Beaucairois qu’un commissariat subdivisionnaire dans lequel ne seraient affectés que 12 agents puisse faire face à la montée de la délinquance ? En récitant une leçon dictée de bien plus haut qui met en avant dans le désordre : une évolution nécessaire, une réorganisation rationnelle, une mutualisation des moyens forcément indispensable. Et quand dans le public on réclame des moyens supplémentaires, le préfet hausse les sourcils, plisse le front et balaye d’un revers de main cette demande en invoquant une réalité économique incontournable. Il lui aura certainement échappé que le PIB de la France a doublé en 20 ans…

Qu’ils étaient pathétiques tous ces élus et élues de droite se tirant la bourre au micro pour être sur la photo. L’un est scandalisé, l’autre s’étrangle d’indignation, celle-là invite à recentrer l’action des policiers qui ne font que contrôler les ceintures. Et tous de louer les vertus d’une police de proximité, d’un retour des patrouilles régulières dans la cité. Diversion, amnésie ? Personne n’oublie qu’ils ont soutenu en 2007 Sarkozy le fossoyeur de cette police de proximité.

Et l’on a senti le danger lorsque le préfet, à court d’argument, a évoqué l’indispensable investissement des citoyens dans leur sécurité par une vigilance accrue !! Certains l’ont bien compris dans le public puisque cette idée a été reprise par l’un des intervenants qui évoquait à demi-mot la création de milices. Discours nauséeux qui surfe sur une peur légitime entretenue par l’Etat qui abandonne ses administrés en supprimant des postes de fonctionnaires de police.

Et que dire de M. Bourbousson ? M. le Préfet pour évoquer sa forte implication dans ce dossier l’a comparé à un pitbull ne lachant jamais sa proie. Nous lui préférons la carpe tant celui ci fut économe de ses paroles. Il s’affiche au coté du préfet et dans le même temps organise une manifestation pour protester contre le projet. Comprenne qui pourra…

RPB réaffirme son opposition totale à cette réforme et demande un renforcement des effectifs de policiers sur le territoire Beaucairois pour endiguer le trafic de stupéfiants et les actes de délinquance. . Ce n’est pas à une municipalité d’assurer cette fonction régalienne, ce n’est pas de sa compétence. L’augmentation des effectifs de police municipale, celui du nombre de caméras de vidéo-surveillance ne sont qu’un leurre agité par le maire, un leurre coûteux puisque ce sont nos impôts locaux qui les financent.

Communiqué de presse : réunion publique avec le préfet

Le constat des Beaucairois est unanime, les moyens humains de l’actuel commissariat sont insuffisants pour assurer de véritables missions de police de proximité et d’investigation. Or les propos de M. le Préfet tenus le 8 janvier lors de la réunion publique permettent de comprendre que les effectifs resteront les mêmes à l’échelle des deux communes, mais seront désormais basés à Tarascon et placés sous l’autorité du district d’Arles. Ne restera sur Beaucaire qu’un petit commissariat subdivisionnaire de douze personnes. Ce projet, qui éloigne les hommes et la chaîne de commandement du terrain beaucairois, nous a été présenté comme un évident moyen d’améliorer la sécurité tout en permettant de satisfaire aux exigences de rigueur budgétaire attendue par l’actuel gouvernement aux ordres de la finance internationale, sous-entendu, comme de coutume, les fonctionnaires, ça coûte trop cher… M. le Préfet s’est même irrité du scepticisme, voire de l’opposition des Beaucairois. Il semble que pour lui, ce projet soit une opportunité, un cadeau du gouvernement. Malheureusement Noël c’était le 25 décembre et M. le Préfet n’a rien d’un père Noël.