Le poisson à la beaucairoise : spécialité à l’anis

Parmi les serpents de mer qui reviennent régulièrement à la surface des eaux troubles beaucairoises, il en est un qui ne manque pas de saveur : l’ouverture de l’écluse du canal sur le Rhône qui permettrait de transporter les ciments de Calcia par voie d’eau jusqu’au fleuve puis Fos, Lyon…

Cet argument, déjà avancé par Elie Bataille, repris par nos édiles actuels pour argumenter en faveur de la réouverture de l’écluse, vaudrait à Beaucaire un succès au moins équivalent à celui du Pitalugue dans le Vieux port (Marius, Fanny et César).

Ceux qui ont vu manoeuvrer des péniches dans le canal -prendre le virage à angle droit et s’aligner ainsi sur l’écluse- se souviennent des énormes vagues qui venaient frapper les berges et faire tanguer les bateaux amarrés le long des quais.

Le spectacle des plaisanciers du port à l’heure de l’apéro, à bord de leurs embarcations transformées en pitalugue à chaque passage des péniches cimentières, accrochés à leur bouteille de pastis, nous ravit par avance.

Nul doute que les poissons du canal s’inviteraient à l’apéro !

Les lois de la physique

Beaucaire est un laboratoire expérimental de physique appliquée, grandeur nature : le volume d’un corps a tendance à se dilater lorsqu’il est chauffé.

Notre bonne ville en est un exemple parfait qui voit, à chaque degré centigrade gagné aux thermomètres des façades, se dilater les terrasses des bars et autres gargotes; tables, chaises et parasols doublent ou triplent allègrement leur emprise au sol, quand ce ne sont pas des tunnels plastifiés aux qualités esthétiques discutables ; toute cette armée de pieds métalliques, bardée de faux marbre, s’étale, se glisse, rampe, se met à dégouliner, entre les arbres, sur les quais, les trottoirs, les berges, grignote même les chaussées et offre aux piétons les plus valides de faire preuve de leurs dons athlétiques, pour slalomer, sauter en hauteur ou en longueur, s’essayer au franchissement des haies, quand ce n’est pas dérouler une splendide faena au nez et au museau des bus et autos médusés.

C’est que par temps de grand’soif chaque centimètre carré vaut de l’or et son pesant de boisson anisée. Malheur donc aux piétons, surtout s’ils ont la mauvaise idée d’être handicapés : fauteuils roulants et béquilles s’abstenir ! Quant aux malvoyants, ils sont priés de s’équiper d’appareils à ultra-sons sophistiqués pour éviter les empilements d’obstacles en tous genres qui leur sont proposés. Ne parlons même pas des nourrissons qui auraient la fâcheuse idée de se lancer dans une traversée de boulevards à bord d’une poussette !

Décharges sauvages à BeaucaireStore d’un commerce local bien en vogue, et autres détritus dans la nature.
Les espaces publics retrécissent, les décharges sauvages se multiplient.

Espaces publics privatisés

Nos espaces publics sont privatisés, parfois au mépris de notre sécurité, au nom du gain ! Foin des règlements et des concessions, vive la joyeuse loi de la jungle ! Il semblerait même qu’on ait fait déguerpir d’une place un manège pour enfants qui commettait le sacrilège d’amputer un de ces établissements d’une vue imprenable sur le canal.

Sur la Côte d’Azur et en d’autres lieux du littoral, les citoyens ont reconquis «le chemin des douaniers», ce petit sentier qui longe la mer, propriété inaliénable de l’Etat et donc des promeneurs, et que certains propriétaires fortunés s’étaient ingénié à privatiser, à l’abri de leurs clôtures. Piétons de Beaucaire, flâneurs de tout poil, frères et soeurs en tranquilles déambulations, reconquérons nos trottoirs et, peut-être, sous les pavés… la plage ?

Indignez-vous !

Se sentant l’âme verte au point de se précipiter au pied de platanes centenaires menacés, ils montrèrent peu d’empressement à s’indigner une fois les talons tournés et les arbres tronçonnés.

Se sentant l’âme bleue au point de se précipiter dans un cortège pour défendre le commissariat en danger, ils montrèrent peu d’empressement à s’indigner une fois les talons tournés et les poulets envolés.

Se sentant l’âme noire au point de se précipiter dans les bras de quelque bonimenteur illuminé, ils montrèrent peu d’empressement à s’indigner une fois les talons tournés et la liberté confisquée.

Editorial des 3 singes n°6 (1er semestre 2011)

Alors que l’été envahit nos esprits avec son cortège d’insouciance, d’oisiveté, de convivialité, il semble utile de nous arrêter quelques instants sur la saison écoulée afin de tenter de décrypter les évènements survenus durant cette période et d’en tirer des leçons utiles à l’avenir de l’humanité.

Le printemps 2011, c’est d’abord le printemps arabe. Ces Arabes, considérés par le Front National comme des islamistes rétrogrades, se sont insurgés, contre toute attente, contre le totalitarisme et la corruption, au nom de la démocratie et des droits de l’homme. Le printemps 2011, c’est aussi celui de la jeunesse «indignée» européenne, celle de Grèce et d’Espagne principalement, condamnée au chômage et à la précarité par la finance internationale et les politiques néolibérales. Cette jeunesse, ignorée par nos dirigeants, car considérée comme politiquement «inculte», a revendiqué le droit à un avenir décent. Ce printemps est aussi celui de la mise en échec des systèmes de gouvernance «descendants» où quelques dirigeants «soi-disant éclairés» prennent leurs décisions en petit comité et les font ensuite assumer par toute la population.

La production d’énergie nucléaire, organisation opaque s’il en est, a été mise en place dans les années 70 par une poignée d’ingénieurs, malgré les risques qu’elle faisait peser sur les générations futures. Et bien c’est la nature elle-même qui l’a mise en échec, à Fukushima, au Japon, rappelant ainsi aux techniciens que, quoiqu’on en dise, le risque «zéro» n’existe pas. L’exploration et l’exploitation des gaz de schiste ont été autorisées par M. BORLOO, l’homme du Grenelle de l’environnement, sous la pression du lobby pétrolier, et ce malgré les risques considérables de contamination de la ressource en eau dans des régions pourtant régulièrement confrontées à la sécheresse. Là c’est la mobilisation locale qui a permis, au moins pour le moment, d’enrayer une décision ministérielle inique.

Tout cela pour dire que la politique est un sujet trop important pour qu’il soit laissé aux seuls politiciens. La politique, ça nous regarde, ça vous regarde, car c’est eux qui en vivent mais c’est nous qui la subissons. Ainsi à Beaucaire, combien sont ceux qui décident de laisser VEOLIA faire des profits odieux avec le service public d’eau potable et d’assainissement, ceux qui décident des principes de rénovation de la rue Nationale sans jamais y mettre les pieds, ceux qui suppriment des jardins d’enfants pour en faire des terrasses de café : ils sont 3. Et pourtant, combien sont ceux qui paient leur facture d’eau en augmentation constante, ceux qui déplorent le naufrage de la rue Nationale, ceux qui emmènent leurs enfants jouer au jardin d’enfant de Tarascon : ils sont des milliers ! Alors localement, nationalement, internationalement, nous détenons le pouvoir car nous sommes les plus nombreux.

La politique, c’est l’affaire des citoyens !

Conseil municipal du 18 juillet 2011

Conseil municipal – Veolia

Mesdames et messieurs les élus, le conseil municipal de Beaucaire réuni ce jour doit se prononcer sur le Rapport annuel du délégataire 2010 que Veolia nous a remis.

Ce rapport est censé nous expliquer comment le fermier a géré en 2010 le service d’eau de notre ville, conformément aux termes du contrat d’affermage signé 1er janvier 2008. L’examen du rapport révèle que les dispositions du contrat n’étaient pas respectées, aussi nous avons reporté le 07/06/2011 le vote dans l’attente des explications du délégataire. J’ai expliqué ici comment Veolia s’y était pris pour nous faire croire que les objectifs de rendements prévus au contrat étaient atteints (Volume de service, années de 343 jours …).
Depuis nous avons entendu les explications de Veolia en commission consultative des services publics locaux réunie le 01/07/2011.

Pour sa défense le fermier a pratiqué la technique de l’enfumage, nous racontant que le rapport était conforme à telle ou telle réglementation approuvée par l’association des maires de France, élaborée en partenariat avec les marchands d’eau ….

Ce n’est pas ce que nous contestons. Ce que nous reprochons au fermier, c’est de ne pas avoir tenu ses engagements prévus à l’article 21-2 du contrat :

Fin 2009 le réseau d’eau de Beaucaire aurait dû afficher un rendement de 65 % et un indice de perte de 14,5 m3/j/km.

Cet objectif n’étant pas atteint fin 2010, le fermier a présenté dans son rapport des calculs de rendement et d’indice de perte qui ne respectent pas les termes du contrat tels que défini à l’article 21 :

  • Volume annuel consommé par les abonnés du service affermé 839104 m3 = 60,47%
  • Volume annuel produit par les installations du service affermé 1387558 m3

Pour atteindre les 65% prévu au contrat Veolia ajoute depuis 3 ans un volume forfaitaire, estimé, et constant de 65 000 m3 pour les besoins de services .Ceci n’est pas prévu dans le contrat.Ce volume n’était que de 25 682 m3 en 2005, 26 118 m3 en 2006, 8500 m3 en 2007.

De plus, le contrat impose au délégataire des engagements en matière d’entretien du réseau remarquablement modestes. Malgré cette modestie et les moyens importants accordés par la commune, payés par les usagers, ils sont loin d’être atteints.

Cette persistance dans l’incompétence dure depuis plusieurs décennies. Le réseau d’eau de Beaucaire fut construit entre 1959 et 1971 avant d’être confié à la CGE ancêtre de Veolia en 1974 .Pendant 34 ans, Véolia a laissé péricliter le réseau d’eau de la commune .Le rendement étant tombé à 50% en 2008.

Dans ces conditions :

  • Le conseil municipal de Beaucaire doit rejeter le rapport annuel d’exploitation 2010.
  • Veolia trompant les abonnés beaucairois et ne respectant pas les termes du contrat, doit se voir appliquer les pénalités prévues à l’article 57.2.2.c du dit contrat.
  • Le non respect des dispositions contractuelles révèle une grave défaillance de Veolia qui justifie une procédure de déchéance. La municipalité serait bien avisée de l’engager.

Discours Fête des Libertés

Beaucairoises et Beaucairois, chers amis !

Permettez-moi, en ce jour de Fête des Libertés, de vous faire partager quelques moments d’actualités qui nous prouvent, s’il fallait en douter, que les libertés demeurent encore écornées ici comme ailleurs.

Je voudrais, tout d’abord, revenir sur le tremblement de terre et le tsunami qui ont ravagé le Japon et qui ont provoqué la plus importante catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl.

Le 11 mars dernier, les réacteurs des centrales de Fukushima sont entrés en fusion entraînant le rejet de vapeur radioactive. Des nuages radioactifs qui ont fait le tour du Monde…

Pour autant, les autorités japonaises, les dirigeants de Tepco l’exploitant, se sont voulu rassurants ! Mensonges ! Ils ont été et sont encore dépassés par l’ampleur de cette catastrophe. Et tous de clamer que le nucléaire demeure l’énergie la plus sûre. Mensonges !

Mensonges encore de la part du gouvernement UMP et du président Sarkozy. Non la France ne doit pas s’arc-bouter au tout nucléaire ! L’Allemagne a fait le choix de sortir progressivement du nucléaire. Cela est possible ! Prétendre le contraire ne tient qu’à protéger des intérêts particuliers au profit de notre sécurité et de notre avenir dans un monde durable.

Je veux ensuite évoquer les soulèvements populaires, qui de la Tunisie à l’Égypte en passant par la Syrie et le Yémen, ont permis et sont en train de chasser du pouvoir des dictatures, trop longtemps soutenues par les gouvernements européens ! Bien sur, il est trop tôt pour augurer de l’avenir. Mais soyons solidaires de ces luttes qui nous prouvent qu’aucun système n’est éternel.

Solidaires aussi avec les Indignés d’Espagne qui réinventent une démocratie directe où le peuple reprend la parole face aux gouvernants inféodés au FMI. Soutien et solidarité encore pour le Peuple grec victime des erreurs de son Gouvernement, victime des banques et du système financier mondialisé.

Ces luttes démocratiques, ces révolutions citoyennes et sociales constituent un formidable espoir qu’ici à Beaucaire comme en France nous puissions retrouver une nouvelle forme de démocratie, construite et validée par le vote. Et je veux citer là Stéphane Hessel : « Prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie. Je vous souhaite à tous, à chacun d’entre vous, d’avoir votre motif d’indignation. C’est précieux. Quand quelque chose vous indigne, comme j’ai été indigné par le nazisme, alors on devient militant, fort et engagé. On rejoint le courant de l’histoire et le grand courant de l’histoire doit se poursuivre grâce à chacun. »

Nous devons rester vigilants critiques et constructifs pour provoquer la seule alternance utile à la France, celle du peuple de gauche.

Nous devons nous unir, nous mobiliser pour diffuser nos idées pour que Réagir pour Beaucaire puisse assumer toutes ses responsabilités en 2014.

Enfin, je terminerai en remerciant le Conseil général et la municipalité pour leur aide, l’ensemble des bénévoles qui font la réussite de cette fête des libertés.

Bon appétit, et n’oubliez pas la lutte continue !

Lettre d’information de juin 2011

Quand le PLU ne plaît plus

Le plan local d’urbanisme, appelé PLU, organise l’occupation des sols de la commune : telle zone peut être urbanisée, telle autre est réservée à l’industrie, une autre à l’agriculture… Il fixe un règlement pour chacune de ces zones et fixe le cap à travers un plan d’aménagement et de développement durable (PADD). Il est consultable par le public. Il peut être soit révisé entièrement, soit modifié, ou bien encore faire l’objet d’une révision simplifiée, la modification et la révision simplifiée ne doivent pas porter atteinte à l’économie générale du PADD et ne doivent pas comporter de graves risques de nuisances.

A Beaucaire, une révision générale a été lancée par la municipalité. Dans le même temps 5 révisions simplifiées sont en cours : Bieudon, Gaudon, La Tapie, Garrigues Planes ouest, un projet photovoltaïque, soit plus de 10 % du territoire communal. L’économie générale du PADD n’est-elle pas remise en cause ?

La 8ème révision simplifiée du PLU concerne 30 ha de terres agricoles qui seraient ouvertes à l’urbanisation au lieu dit La Tapie, à l’ouest de la nouvelle caserne des pompiers. Elle a été lancée par la majorité municipale lors du conseil municipal du 7 juin 2011. Les élus d’opposition, gauche et droite confondues, ont voté contre cette délibération, dénonçant au passage une supercherie : pour justifier de « l’intérêt général » de cette révision, un très improbable « programme Alzheimer » est sorti du chapeau. Le directeur de l’hôpital local n’a pas été consulté, l’Agence régionale de santé n’a rien demandé. Dans les hôpitaux de la région, les lits réservés aux malades atteints d’Alzheimer ne sont pas remplis, les familles préférant garder leurs proches auprès d’elles.

S’il s’avérait nécessaire de créer des lits pour ces malades souvent valides, l’aménagement de l’hôpital actuel éviterait leur ghettoïsation tout en créant de l’activité en ville. Incluse dans le projet, l’idée de créer une nouvelle zone commerciale n’est guère pertinente : Genestet est suréquipée, les derniers commerces du centre-ville ferment les uns après les autres. En réalité, il s’agit de maquiller un projet immobilier porté par la STATIM et ses dirigeants ceux-là mêmes qui ont massacré la colline des Caunelles.

Lors de précédents conseils municipaux, nous avions soulevé le fait que la nouvelle caserne des pompiers était la tête de pont d’une extension de l’urbanisation au-delà de la rocade. Le diamètre des tuyaux posés en 2010 était surdimensionné par rapport aux besoins de la seule caserne. Lors de la campagne pour les municipales en 2008, l’équipe de Bourbousson dénonçait l’étalement urbain vers l’ouest, l’urbanisation grignotant les terres agricoles, la gestion au coup-par-coup sans vision sur le long terme du tandem André-Cellier : une fois aux affaires, cette même équipe renie ses engagements de campagne et poursuit cette fuite en avant.

Il va de soi qu’RPB se mobilise contre cette révision simplifiée et participera à l’enquête publique. Nous vous invitons à en faire autant !

Plus 50 % en 2008, moins 50 % en 2013 ?

Comme chaque année à la même époque, le conseil municipal devait se prononcer sur le rapport annuel du délégataire Veolia qui gère les réseaux d’eau potable et d’assainissement. Et comme chaque année depuis 2008, l’opposition de gauche a dénoncé avec force la gestion de cette entreprise qui ne fait pas son travail et méprise les élus en leur soumettant un rapport d’activités fantaisiste et mensongé. Sauf que cette année les arguments avancés par Claude Dubois ont titillé l’oreille du maire qui a retiré la délibération afin d’étudier plus sereinement le rapport qu’aucun élu de la majorité et de l’opposition de droite ne semble avoir lu. Christophe André a repris courageusement les arguments de son père pour rejeter la responsabilité d’une telle situation sur les administratifs qui auraient donné leur aval pour la reconduction du contrat en 2008. Mais était-il hors de portée des élus à la tête de la mairie à cette époque de se rendre compte que l’augmentation de près de 50 % de la part d’abonnement effective en 2008 pénaliserait les petits consommateurs ? C’est ce que semble sous-entendre M. André qui n’a pas été capable, pas plus que Mmes Cellier et Arèse, de calculer un simple pourcentage…

RPB réaffirme que la renégociation du contrat qui doit intervenir en 2013 doit permettre une baisse du prix de l’eau de 50 %. Pour celles et ceux en délicatesse avec les chiffres, il s’agit ni plus ni moins de diviser la facture d’eau de chaque Beaucairois par deux.

Fête des Libertés 2011

Calendrier : cette année encore RPB vous donne rendez-vous le 13 juillet à a base nautique pour sa traditionnelle fête des libertés (Réservations au 04.66.59.02.26).

Fête des Libertés 2011

La fête des libertés 2011 présentée par Réagir Pour Beaucaire aura lieu le mercredi 13 juillet 2011 à partir de 19h, base nautique de Beaucaire.

Au programme : apéritif, buvette, couscous (10€) et concert gratuit avec le groupe le Rock à Lili

Réservez vos places dès à présent en nous contactant à l’adresse reagirbeaucaire@free.fr

Les Estivales de Beaucaire vues par RPBEt pour les jeunes, y a quoi ?!

Lettre d’information de mai 2011

Le nucléaire sur la brèche

Souvenez vous lors de l’avant dernier conseil municipal, M. le Maire a proposé une minute de silence en hommage aux victimes de la catastrophe de FUKUSHIMA. Les élus de gauche ont accepté sous réserve qu’un débat ait lieu au sein du Conseil Municipal à propos du nucléaire. Cette demande avait pour seul objet de rompre avec la confiscation du débat démocratique et transparent sur le sujet depuis des années par le gouvernement et les sociétés productrices d’électricité d’origine nucléaire. Tout le monde connaît le discours asséné depuis des années : «L’énergie nucléaire est sûre, propre et indispensable pour réduire la production de gaz à effet de serre». Donc circulez il n’y a rien à voir. A l’heure où la sécurisation de la centrale japonaise n’est toujours pas assurée et où l’on fête l’anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, nous aurions souhaité apporter un autre éclairage sur le sujet sur la base de données objectives et provoquer ainsi une réflexion commune. Malheureusement M. le Maire a préféré attendre que l’Assemblée Nationale débatte du sujet avant de permettre aux élus beaucairois de le faire. Il est vrai que le débat politique et démocratique n’est pas le fort de M. BOURBOUSSON.

Budget – Effets d’annonce

Le budget 2010 était ambitieux en matière d’investissement puisqu’il prévoyait d’effectuer des travaux à hauteur de 324€ par habitant ce qui nous approchait de la moyenne nationale des villes entre 10 et 20000 habitants qui est de 453€ pour 2009. Malheureusement le compte-administratif de 2010 a révélé que finalement, ce sont seulement 187€ par habitant qui ont été investis en 2010. Pour ne citer qu’un exemple, 140 000€ de travaux étaient prévus pour la « martyrisée » rue Nationale en 2010. Non seulement rien n’a été effectué mais la Mairie s’est engagée à démarrer les travaux de rénovation complète de la rue début 2012 alors qu’aucune prestation d’étude de conception (architecture , urbanisme, économie etc.) n’a été budgétée en 2011. Il y a donc fort à parier que les 445€ de dépenses d’investissement par habitant prévues au budget 2011 ne constituent une fois de plus qu’un effet d’annonce qui ne verra finalement qu’une faible réalisation.

Fusion des commissariats – Frais de déplacement

M. le Maire et son adjoint à la sécurité M. Sarrailh se sont rendus au Ministère de l’Intérieur le 6 mai dernier pour traiter du projet de fusion des commissariats de Beaucaire et de Tarascon. Lors du dernier Conseil Municipal M. le Maire a expliqué que la fusion était entérinée au niveau ministériel, que des patrouilles mixtes avec les personnels de Beaucaire et de Tarascon étaient effectuées et que l’objet de son déplacement était d’obtenir des garanties du gouvernement pour le maintien du commissariat dans sa configuration post-fusion c’est à dire avec douze personnes affectées. Bien qu’il s’en défende, M. le Maire considère depuis le début que le fait est accompli et il n’hésite pas à recourir au mensonge pour justifier ses positions. Ainsi les patrouilles mixtes qu’il évoque n’ont jamais eu lieu et la décision ministérielle n’a toujours pas été prise. Par ailleurs tous les policiers le savent, un commissariat de douze personnes n’est pas viable en raison des contraintes logistiques comme celles relatives au stockage des armes. Aussi accepter la configuration à douze agents revient à accepter la disparition du commissariat. C’est pour cela que RPB ne baisse pas les bras et a saisi les parlementaire gardois sur ce sujet (retrouvez la lettre au parlementaire en cliquant sur le lien suivant : lettre parlementaire).

RPB a participé au rassemblement des travailleurs du premier mai dernier à Beaucaire. Retrouvez l’allocution des dirigeants syndicaux en cliquant sur le lien suivant : discours 1er Mai.

Intervention rassemblement au Planet à Beaucaire le 1er mai 2011

Quelle idée de vouloir se rassembler par un beau dimanche de mai, en pleines vacances scolaires !

Certains commentateurs parlent d’une tradition vieillotte appelée à disparaître, d’autres, plus généreux, évoquent la Fête du Travail : le 1er mai serait donc un jour férié comme les autres, avec un petit air de St Valentin, de fête des grands-mères ou des secrétaires !

Le 1er mai, comme le 8 mars – journée internationale pour les Droits des Femmes, ne mérite pas cette banalisation…

Car le travail et les salariés, sont-ils vraiment à la Fête ?

Etaient-ils à la Fête celles et ceux qui, à Beaucaire, ces dernières semaines, ont été contraints de se mettre en grève pour de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires, que ce soit à STRADAL, dans le bâtiment, à AXIMA, dans les travaux publics, dans les transports DECOUX ou encore dans la grande distribution comme à CARREFOUR où le personnel féminin en particulier est soumis au temps partiel imposé et à des horaires de travail éclatés ??

Doit-on oublier que le 1er mai a connu un baptême de sang en 1886, à Chicago, quand la police abattit 6 ouvriers qui manifestaient pour la journée de 8 heures ?

Peut-on oublier qu’en France même, à Fourmies dans le Nord, en 1891, pour les mêmes revendications (journée de 8 heures, semaine de 48 heures) 10 travailleurs trouvèrent la mort face aux forces de Police aux ordres du grand patronat du Textile et des Mines ?

Ou encore ce 1er mai 1929 à Berlin où, en pleine ascension du nazisme, 33 manifestants furent abattus ?

Aujourd’hui même, dans certains pays du Sud de la Méditerranée, des hommes et des femmes vont risquer leur vie pour ces droits élémentaires que sont la liberté d’expression et de rassemblement, la possibilité de s’organiser dans des Syndicats ! Et c’est dans la patrie des Droits de l’Homme que certains essaient de diviser les travailleurs en pointant du doigt ces pays et ces peuples en quête de liberté !

On essaie de nous faire peur avec les droits et libertés conquis ailleurs, quand tout devrait nous porter à nous en réjouir !

Aujourd’hui, nous entendons dans certaines bouches résonner des accents vieux de 70 ans, quand le Maréchal Philippe Pétain proclamait le 1er mai comme « Fête du Travail et de la Concorde Sociale et Nationale », comme si rien ne séparait les salariés de ceux qui tirent profit de leur travail, comme si les intérêts de madame Bettencourt étaient les mêmes que ceux de la caissière de Carrefour !!Comme si les intérêts et les préoccupations des 40 patrons des 40 entreprises qui dominent la Bourse de Paris étaient identiques à ceux de leurs salariés, 40 patrons dont on vient d’apprendre que leurs salaires de base s’élevaient à 90 millions d’euros annuels, sans parler de leurs stock-options, parachutes dorés et primes diverses.

505% même d’augmentation pour le patron de Michelin, une augmentation à 3 chiffres quand les salariés, dans les meilleurs des cas, doivent se contenter d’un seul chiffre, et encore-après la virgule, derrière le zéro !

Comment ne pas être écœurés par l’évocation de cette prime présidentielle qui ne concernerait que les entreprises privées de + de 50 salariés, dont le montant est laissé à l’appréciation forcément généreuse, n’en doutons pas, des patrons et des actionnaires dont on connaît le grand cœur ! Et encore, elle ne serait versée que si l’entreprise réalise des bénéfices supérieurs à ceux de l’année précédente : ainsi, il suffit à TOTAL qui a réalisé 13 milliards d’Euros de profits de ne faire que 12 milliards l’an prochain pour être exonéré !

Les traders, financiers, spéculateurs ont rénoué avec leur train de vie doré, mais c’est aux premières victimes de la crise, travailleurs en activité ou privés d’emploi, qu’ils présentent l’addition : retraites démantelées, Sécurité Sociale défigurée, licenciements boursiers, souffrance au travail, gestion par le stress avec les résultats que l’on connaît : les 60 suicides de France Télécom et tant d’autres que l’on ne connaît pas, comme ce cadre qui, il y a tout juste un an, s’est donné la mort, dans son bureau, dans son entreprise, ici à Beaucaire !

Nous payons leur crise : les fonctionnaires ne sont pas épargnés, dont un départ à la retraite sur 2 seulement est remplacé, avec pour résultat un affaiblissement, une dégradation des services rendus au Public, que ce soit à la Poste ou à l’Hôpital.

Même les enfants ne sont pas épargnés, puisque malgré des effectifs scolaires plus nombreux, 16.000 enseignants vont disparaître à la rentrée, une saignée de 50.000 postes en 3 ans.

Ne parlons même pas des salaires : +0,5% en 2010, rien en 2011, rien en 2012 !

Ces agressions, sans précédent, contre le monde du Travail, pilotées par la Banque Centrale Européenne, les Bourse, le Fonds Monétaire International et les gouvernements d’inspiration peu ou prou libérale, ces agressions rencontrent une opposition de plus en plus forte des peuples et des travailleurs en Irlande, en Grèce, au Portugal, en Islande…il y a quelques semaines, ils étaient 200.000 dans les cortèges à Londres non pour acclamer un mariage d’opérette mais pour clamer leur soif de justice, pour que les vrais responsables paient.

Ici aussi, n’attendons pas après les promesses, électorales ou non, gagnons ou regagnons tout de suite ce qui peut l’être… Et sans nous tromper de colère ni de cible !

Car les vrais responsables, ceux qui nous ont mis en difficulté nous désignent comme coupables ceux qui sont plus pauvres, plus exploités, plus malheureux que nous.

Méditons les leçons de l’Histoire : ceux qui le 1er mai 1941 voulaient faire de cette date une journée de réconciliation entre exploiteurs et exploités célébraient également la Fête de leur chef : la Saint Philippe. Leurs héritiers d’aujourd’hui préfèrent eux aussi la célébration la Ste Jeanne d’Arc à la Défense des droits et revendications des travailleurs ; ils veulent égarer notre juste colère sur des voies sans issue de division, en exonérant, en dissimulant soigneusement les vrais coupables, qui eux sont bien propres sur eux, souvent bien blancs, souvent bien français, bien costumés, et parlent si bien à la télévision pour nous expliquer que nous devons consentir à encore plus de sacrifices !

Personne ne se battra à notre place, faisons dès maintenant en sorte, dans nos entreprises publiques ou privées que nous puissions fêter des avancées nouvelles le 1er mai 2012 ! Sans nous tromper de colère, sans confondre victimes et coupables !