C’est avec toujours autant d’indignation mais aussi beaucoup de lassitude que nous attirons l’attention des citoyens sur le mépris caractérisé que porte le Maire de Beaucaire envers les lois de la République et plus particulièrement celle dite de Séparation des Églises et de l’État.

En effet, pour la huitième année, la municipalité de Beaucaire a installé dans le hall d’honneur de la mairie une crèche catholique et ce, un mois plus tôt qu’auparavant.

Cette atteinte à la laïcité, l’association la Libre Pensée du Gard l’avait signalée à la Préfecture dès décembre 2014. Les années suivantes, l’association est intervenue par voie officielle, voie de presse et également par voie judiciaire auprès du Tribunal administratif, le plus souvent conjointement avec la Ligue des Droits de l’Homme.

Malgré sa condamnation en 2018, le maire a récidivé en 2019 et 2020. C’est alors, en janvier 2021, que la Préfecture du Gard est intervenue de manière plus nette, quoiqu’un peu tardive, en imposant une astreinte financière en cas de non démontage de cette crèche catholique. Cela représente un coût que Monsieur le maire va faire malheureusement payer aux contribuables beaucairois alors que ces mesures de rétorsion financière n’auraient dû atteindre que le responsable de ce « dépôt d’un objet délictueux privé dans un espace public », responsable « mystérieux » puisque, jusqu’à cette année, la crèche n’avait aucune origine financière claire, n’étant ni autorisée ni budgétisée par le conseil municipal.

Cette année, M. le Maire, non content de récidiver et de faire durer cette installation plus longtemps encore, croit pouvoir tourner la loi de deux manières.

D’abord, en jouant l’alibi culturel : le confusionnisme trop souvent et savamment manipulé entre le cultuel et le culturel : il fait croire qu’il s’agit d’une exposition de santons. Mais l’argument a déjà été examiné et rejeté par le Tribunal administratif puisqu’une exposition semblable, les Santonales, se tient déjà dans une salle communale. Pourquoi doubler cet évènement, sinon pour « justifier » l’installation d’une crèche religieuse dans la mairie ? Et d’ailleurs, s’il ne s’agissait que d’un évènement « festif », pourquoi ne pas se contenter de santons représentant des métiers anciens et non des personnages religieux ? Rappelons aussi que, contrairement à ce que prétend le maire, « les santons [ne] sont [pas] un des trésors de notre patrimoine communal » : nul santonnier n’a jamais exercé à Beaucaire ni à ses alentours jusqu’en 2014. Non, il ne s’agit pas de « mettre en valeur le savoir-faire et le travail des artisans santonniers de la région», pour la simple raison que Beaucaire n’est pas située en « terre de santonniers » provençale mais en Languedoc. Notons d’ailleurs que M. Sanchez ne qualifie plus sa crèche de « provençale », puisque le Tribunal administratif le lui avait interdit mais qu’il joue sur le flou de la « région » concernée. Si on veut valoriser nos « Traditions », pourquoi ne pas valoriser celles qui avaient réellement cours dans notre ville ?

La véritable raison de cette pseudo « exposition-vitrine du savoir-faire régional » est d’en profiter pour installer à nouveau, au mépris de la loi et des jugements, une crèche religieuse dans un bâtiment de la République.

Il tente aussi une autre démarche de justification de sa crèche en la rendant « officielle », en faisant voter une délibération du conseil municipal approuvant « le principe de l’organisation chaque année de manifestations autour des fêtes de Noël, la mise en place de crèches… »

La démarche est spécieuse puisque le projet ne parle que de « crèches » (au pluriel !), sans spécifier si elles se tiennent dans le cadre de la loi républicaine, avec des santons non religieux, et que les mots « dans l’enceinte de la mairie » ne sont pas repris dans la délibération elle-même…

Dans le même ordre d’idée, l’organisation d’un concours de crèches pour les particuliers est en opposition avec la laïcité de l’état. Que dirait-on si une municipalité organisait un concours de ménorahs ou d’écritures de Sourates du Coran ?!

Enfin, si la Préfecture soumet la ville de Beaucaire au même type d’astreinte qu’en janvier dernier, 5000 euros par jour de maintien de la crèche illégale !, il serait bon que le coût de cette triste affaire ne retombe que sur lui et les conseillers municipaux ayant voté la délibération délictueuse. Ce n’est pas aux 70% de citoyens de la ville, et leurs élus, qui n’ont pas voté pour la liste de M. Sanchez, qui sont attachés à la Laïcité et à la légalité républicaine, de payer la facture !

Libre Pensée du Gard