Dimanche 11 janvier 2013 15 h à Beaucaire.

Sur la place de la mairie quelque 700 personnes attendent, passives. Quelques cris « Je suis Charlie » meurent dans l’indifférence générale. Quelqu’un (employée municipale ?) distribue largement les affiches officielles, répliques des bannières ornant la façade de la mairie. Celles avec les mots « terrorisme islamiste » écrits trois fois plus gros que « Je suis Charlie ».

Devant la mairie une mêlée que tout le monde fixe. Une nuée de caméras entoure un espace d’où émergent quelques crânes rasés.

 

Star

Le temps passe, les uns guettent la mêlée qui tangue dans la foule. « Elle est là ! » : les groupies sont venues de loin pour voir leur star et la ville est cernée de voitures immatriculées dans les départements voisins. D’autres se demandent ce qu’ils font là : ils croyaient participer à un rassemblement en mémoire des victimes des attentats !

Au bout de 20 minutes, le maire se lance dans un discours sans âme qu’il expédie rapidement. Il demande une minute de silence. La foule tend à bout de bras les affiches distribuées. Rares sont ceux qui ont apporté leur contribution personnelle. Cette forêt de bras tendant, en un même geste, le même symbole me fait frissonner, éveille en moi de sombres réminiscences.

uniforme

Une marseillaise, à peine portée par quelques-uns, clôt la « cérémonie » et la foule se focalise sur les caméras. Elle s’impatiente, voudrait en avoir pour son argent, appelle la star du jour : « Marine au balcon ! », scande « Marine Président ! ». Quelques-uns beuglent des bribes de Marseillaise, pour ensuite vociférer : « On est chez nous »…

Charlie n’était pas à Beaucaire aujourd’hui. 

Charlie-ok (2)