Le grand soir électoral

Ceux qui connaissent bien le microcosme politique beaucairois ne s’étonnent pas des résultats du premier tour des élections présidentielles. Marine Le Pen arrive en tête avec 34,12 % des voix. Suivent François Hollande crédité de 23,57%, Nicolas Sarkozy à 21,56 % et Jean-Luc Mélenchon qui obtient 11,64 %.

Fait notable si on compare ces élections aux présidentielles de 2002, scrutin de référence pour établir des comparaisons avec celui de 2012, le FN recule puisqu’à cette date, le vote d’extrême droite attirait plus de 40 % des électeurs. C’est une petite victoire pour tous les républicains et plus particulièrement pour les membres de Réagir Pour Beaucaire.

Si à l’échelle nationale, les dirigeants du FN peuvent se prévaloir d’une certaine virginité politique car n’ayant exercé aucun mandat exécutif, il n’en va pas de même à Beaucaire. Ce parti extrémiste a accompagné des majorités municipales dirigées par M. André et Mme Cellier. Pour ensuite porter son dévolu sur M. Bourbousson en 2008, le secrétaire départemental du FN appelant à voter pour lui.

En 2014, à l’heure des bilans, les Beaucairois devront juger 30 ans de gestion commune de la mairie par la droite beaucairoise dans toutes ses composantes et de l’extrême droite.

Il convient aussi de souligner la progression constante des voix de gauche depuis 2002. Cette année-là, elles représentaient environ 30 % des voix, en 2007 on dépassait les 31 % et le premier tour de la présidentielle a crédité l’ensemble des forces de gauche de 38 % des bulletins exprimés. Cette tendance doit se confirmer dans les deux années à venir pour permettre une vraie alternance aux prochaines municipales.

Pour le second tour et sans ambiguïté, les membres de Réagir Pour Beaucaire appellent à voter François Hollande. Toutefois nous savons que gagner la bataille des présidentielles ne rimera malheureusement pas avec une défaite de la finance et du MEDEF. Ces derniers attendent avec impatience la fin des élections pour contraindre nos dirigeants à mettre en place les réformes structurelles (baisse des salaires, disparition du CDI, etc…) censées nous garantir la maîtrise des déficits publics. Mobilisation populaire et esprit critique devront donc se poursuivre au-delà de nos fatigues légitimes et ce, dans toutes les occasions possibles, à commencer par les élections législatives.

Nous attendons avec impatience le choix de M. Bourbousson qui ne s’est pas officiellement prononcé pour le second tour. Peut-être attend-il le résultat final pour révéler le nom de celui qu’il aura choisi ?

Sécurité : Pour un meilleur service rendu

Le vote du budget primitif 2012 révèle une évolution significativement à la hausse des dépenses de fonctionnement de la police municipale qui sont ainsi passées de 522 384€ en 2008 à 876 090€ en prévision pour 2012. Ce constat est à conjuguer avec les dépenses d’investissement en matière d’équipement de vidéo-protection eux aussi en croissance constante comme le montre le graphique ci-après. Le cumul des deux, en jaune sur le graphique, devrait franchir cette année la barre symbolique du million d’euros malgré un service rendu toujours insuffisant selon nous. Certe il est aisé d’installer toujours plus de caméras subventionnées à 25% par le gouvernement Sarkosy. Mais on oublie que derrière, ce sont les Mairies qui ont en charge leur maintenance et la fonction de supervision. Ces coûts seraient donc certainement plus utiles pour la formation des policiers et le renforcement de leur présence sur le terrain.

  Dépenses de sécurite depuis 2010

1er Mai : la fête des revendications !

Non, le 1er Mai n’est pas la «fête» du travail puisqu’elle est née dans le sang : c’est en effet aux Etats-Unis, à Chicago, en 1886, que pour la première fois des ouvriers grévistes défilent ce jour là pour réclamer la journée de travail de 8 heures ; dans les jours qui suivent, au cours de nouvelles manifestations, trois salariés sont tués par la police, elle-même visée par un attentat à la bombe, peu après…Cinq militants «anarchistes» seront pendus ; leur innocence sera établie plusieurs années plus tard.

Mais l’idée est lancée et fait son chemin en Europe : désormais, chaque premier mai va être l’occasion de réclamer, grèves et manifestations à l’appui, la journée de 8 heures et la semaine de 48 heures (la France ne l’acceptera qu’en 1919 !). En attendant, à Fourmies, dans le Nord, le 1er Mai 1891, le patronat du textile fait appel à la troupe : 10 manifestants sont tués dont 8 ont moins de 21 ans !

Le 1er Mai 1936, à deux jours du second tour des élections législatives (tiens, tiens) qui porteront au pouvoir le gouvernement de Front Populaire de Léon Blum d’immenses défilés réclament des droits nouveaux, obtenus grâce aux grèves et occupations d’usines qui dureront jusqu’en Juin. Parfois, il faut savoir prolonger le 1er Mai !

Celui qui institua la «fête» du «vrai travail et de la concorde sociale» (style MEDEF/Actionnaires de Carrefour/ agents de caisse de supermarchés, même combat !) fut Philippe Pétain en 1941, en parallèle avec la création de la «fête» des mères (françaises), histoire d’ancrer dans le calendrier son triptyque : Travail/Famille/Patrie.

Ce petit retour en arrière est à méditer, certains n’hésitant pas à faire ressurgir des placards de l’Histoire un vocabulaire et des thèmes qu’on pensait révolus, histoire d’attirer à soi les tenants d’un «ordre» brun et les partisans de certaine héritière qui, une nouvelle fois enfourche son canasson pour mener la croisade aux côtés de Jeanne d’Arc, au lieu d’être au milieu des salariés, retraités et chômeurs qu’elle prétend défendre !

Les revendications ne manquent pas, les attentes non plus, qu’il s’agisse des salaires, de la précarité, de la souffrance au travail, des retraites, de la protection sociale, du droit de regard des salarié(e)s sur la marche de l’entreprise….. Sans oublier, la nécessaire solidarité qui doit se faire entendre au-delà des frontières, de la Russie à la Chine, en passant par la Syrie et tant d’autres lieux, pour que les femmes et les hommes de là-bas puissent aussi exercer ce droit élémentaire de revendiquer, manifester, s’organiser.

Ce premier Mai, expression des attentes mais aussi de la détermination à changer vraiment les choses, se doit d’être exceptionnel !

Rendez-vous donc Place Jean Jaurès (le Planet), à Beaucaire, Mardi à 10h30 !