Les médias d’aujourd’hui, contrairement à ceux d’il y a 30 ans, sont de plus en plus complaisants avec les idées du Front National. C’est au point que, dès que la Marine s’enrhume, les radios et télévisions viennent s’enquérir de sa santé.

Ce parti a fait, il est vrai, un important toilettage en plaçant une femme à sa tête et en recrutant quelques petits jeunes bien formatés. Il prétend aussi ne plus être une simple force d’opposition mais un parti respectable, capable d’assurer le pouvoir. En façade, il tente donc de supprimer son ancienne image de mouvement raciste, antisémite pour ne montrer qu’une orientation souverainiste, antimondialiste, anti-euro… Il surfe sur les concepts, réactivés depuis peu, de genre, d’identité, de nation, de traditions et de culture. C’est une version à peine modernisée des idées fascistes de Mussolini.

En fait, le discours soi-disant novateur du FN ne met en avant qu’un comportement qui vient de la nuit des temps : c’est une métastase de la pensée réactionnaire qui consiste à refuser tout ce qui n’est pas semblable à soi. Jean-Marie Le Pen résumait cela par : « Je préfère ma fille à mes amis, mes amis à mes voisins.».

De telles réflexions finissent toujours par déraper. Au début, ce sont de petites blagues sur ces gens qui ne sont pas comme nous, puis les plaisanteries sont de plus en plus douteuses et on commence à parler sur le plan des «idées». Ensuite, on passe de l’idée à la parole et, quand la parole se libère, les actes ne sont plus très loin.

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On part de «l’identité nationale» pour arriver à «la nuit de cristal». Ce sera un entrepôt des restos du-cœur qui brûle ou un jeune homme balancé à l’eau parce qu’il est homosexuel ou encore parce qu’il est bronzé comme Brahim Bourram en 1995. C’est ainsi que des «saint-Barthélémy» ont pu éclater comme à Hautefaye, en Dordogne, en 1870 où un village en furie massacre un pauvre gars et finit par le faire rôtir pour le bouffer !

C’est ainsi également que l’on dénonce ses voisins pendant l’occupation ou qu’on tond des femmes à la Libération.

Mais, à l’instar du «geai se parant des plumes du paon» ou du «loup devenu berger» de Jean de La Fontaine, ce parti aime se présenter masqué. Dès sa création, dans les années 70, il usurpe le nom du Front National, mouvement d’inspiration communiste, de résistance à l’occupation nazie, fondé en mai-juin 1941.

Après le vol du nom par le père Le Pen, sa fille Marine vole les idées de gauche pour ses discours. Et Marion, la petite-fille, n’est pas en reste. Dans cette grande famille, on sait manier le langage. Ils sont libéro-capitalistes mais avec un vocabulaire proche de Marx et une matraque cachée derrière leur dos. Ce qu’ils dissimulent aux grands médias éclate sur les nombreux réseaux sociaux : allez y jeter un œil, vous n’en reviendrez pas du mélange de haine, de bêtise et d’inculture, rappelant une célèbre phrase de Goebbels.

Alors, le soir, au lieu de vous anesthésier les neurones devant le JT de 20h00, avant la lepénisation totale des esprits et avant d’être obligés de chanter « Marion Maréchal, nous voilà ! », lisez «Matin brun » de Franck Pavloff, livre très court mais long en réflexions symboliques.(Version audio par Jacques Bonnaffé et Denis Podalydes)