Monsieur le Député,

La fusion des commissariats de Beaucaire et de Tarascon doit être effective à la rentrée scolaire 2011. Le commissariat de Beaucaire devrait ainsi disparaître dans sa configuration actuelle au profit de celui de Tarascon. Les effectifs globaux qui sont actuellement de 110 agents sur les deux communes devraient êtres réduits à 80.

Le niveau de satisfaction des Beaucairois vis-à-vis de la mission de service public assumée par la Police Nationale est déjà très faible. Il s’explique notamment par un nombre d’actes délictueux nettement supérieur à la moyenne et en presque constante augmentation. Ainsi, pour ne citer qu’eux, les vols avec violence et les vols de véhicules ont augmenté respectivement de 29 et 55 % entre 2010 et 2011 pour atteindre les chiffres significatifs de 44 et 128 infractions. Le nombre de cambriolages quant à lui reste relativement stable, mais à un niveau anormalement élevé, c’est à dire 155. Cette insatisfaction est aussi une conséquence de la banalisation des incivilités qui, ajoutée aux chiffres évoqués plus haut, développe un sentiment de « zone de non droit » dans certains quartiers de la commune comme le centre-ville par exemple.

L’actuel Maire, M. BOURBOUSSON, affirmait déjà dans son programme de campagne des dernières élections municipales que « nombre de Beaucairois se plaignent d’un manque évident de présence policière sur la commune. Notre objectif est de remédier à cette carence ». La situation a malheureusement continué de se dégrader depuis 2008 et, alors que l’une des attentes des Beaucairois face à ce constat reste un renforcement de la présence policière sur le terrain, l’éloignement et la réduction des effectifs est donc la réponse proposée. Beaucaire est classée en zone urbaine sensible, en zone d’éducation prioritaire, ses taux de chômage et de personnes vivant des minimas sociaux sont parmi les plus élevés de la région. C’est donc une population vulnérable qui va se retrouver plus fragilisée encore, alors qu’elle comptait fortement sur son Maire et ses relations ministérielles afin qu’il défende en haut-lieu et avec détermination le droit à la sécurité de ses administrés.

M. BOURBOUSSON a tout d’abord été fuyant en refusant d’inscrire le sujet à l’ordre du jour du conseil municipal malgré notre insistance. Puis on l’a trouvé plutôt optimiste quand il a déclaré à la presse le 17 novembre « On pourra déposer plainte à Beaucaire et le service dans la ville et à la campagne restera ». Quelques jours plus tard il affichait, en pleine page du Midi Libre, son opposition farouche au projet. Le 25 novembre, il faisait encore la une du quotidien et vantait ses mérites dans cette nouvelle cause défendue auprès de deux conseillers du cabinet du Ministre. Dans la foulée il lançait une pétition concurrente à celle circulant déjà en ville, faisait voter une motion par le conseil municipal et organisait une marche citoyenne entre la mairie et le commissariat.

Et puis lors de la réunion publique organisée à l’initiative de M. le Préfet du Gard pour présenter le projet à la population, ce dernier, pour évoquer l’implication de M. le Maire dans le dossier, l’a comparé à un « pitbull ne lâchant jamais sa proie ». Ce qui n’a pas empêché M. BOURBOUSSON de co-présider la réunion aux côtés de M. le Préfet et de ne jamais lui opposer le moindre contre-argument.

Alors comment comprendre la posture d’un homme politique qui un jour organise une manifestation d’opposition au projet et qui le lendemain siège aux côtés du préfet venu en vanter les mérites ?

Vous l’aurez compris, les Beaucairois, qui sont plus de 3000 à avoir manifesté officiellement leur opposition au projet en signant les pétitions évoquées plus haut, ont abandonné tout espoir que M. Maire les défende jusqu’au bout. Lors des questions diverses du dernier conseil municipal, ce dernier a d’ailleurs laissé entendre à demi-mot que des patrouilles de police « mixtes », avec des personnels de Beaucaire et de Tarascon circulaient déjà. Aussi les habitants ont-ils décidé, et nous nous en faisons l’écho, de s’en remettre à leurs Elus nationaux, en l’occurrence les Députés et Sénateurs du Gard.

C’est pourquoi, au nom du droit à la sécurité de tous les Beaucairois, nous sollicitons votre haute bienveillance afin que ce sujet soit évoqué à l’Assemblée Nationale lors des questions du mercredi et que toute autre action utile soit entreprise afin de maintenir, voire renforcer, les effectifs du commissariat de Beaucaire.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Député, l’expression de mes salutations les plus distinguées.

Le président, Francis Foussard