Intervention des élus de gauche au conseil municipal de Beaucaire du 16 décembre 2010

Une grave menace pèse sur Beaucaire : la fermeture du commissariat.

Après le départ de la Gendarmerie pour Bellegarde, Beaucaire ne devrait plus avoir de commissariat de la Police nationale. C’est un projet que nous désapprouvons totalement et qui illustre bien la nocivité du gouvernement conduit par les mentors nationaux de Mmes Cellier et Arèse, MM. Bourbousson et André, gouvernement mis en place par M. Sarkozy qui poursuit son programme de casse de tous les services publics.

Nous, élus de gauche, n’avons jamais eu le culte d’une police omniprésente, notamment de la police répressive utilisée trop souvent pour réprimer les étudiants, les travailleurs, voire les pompiers comme ce fut le cas récemment lorsqu’ils expriment leur mécontentement, mais nous estimons que la Police est nécessaire pour protéger la sécurité des personnes dans notre pays. Cette mission doit être exercée par la Police et la Gendarmerie nationale car ces deux corps sont les seuls à en avoir les compétences et le pouvoir.

Or dans notre ville, qui compte aujourd’hui plus de 15 000 habitants, où sévit une très forte délinquance, où le trafic de drogue est en augmentation constante et s’étale au grand jour, trafic qui pourrit la vie des habitants, que fait l’Etat ? Il décide de supprimer le commissariat et regrouper, en les diminuant fortement, les forces de police à Tarascon.

Face à cette catastrophe, que fait le maire ?

Dans un premier temps, rien, puisque dès octobre c’est Réagir pour Beaucaire, puis la presse qui ont appris la nouvelle à la population. Dans un deuxième temps M. Bourbousson a approuvé implicitement le projet (Midi Libre du 15/11) en assurant que « les services de base demeureront ». Puis, en retard comme d’habitude et sentant monter le mécontentement de la population, il déclare aux journaux le 21/11 qu’il est contre le projet de fusion. Le 22/11 il rencontre enfin le cabinet du ministre de l’intérieur puis tente de rassurer la population sans rien apporter de concret. Enfin, ayant appris le 3/12 qu’une pétition contre le projet circulait en ville, la mairie, courant toujours après l’événement, décide d’en faire circuler une seconde.

Devant une telle impéritie, que peut-on penser ? Simplement que les Beaucairois ont beaucoup de soucis à se faire quant à l’avenir du commissariat.

L’autre composante de la droite demande une réunion extraordinaire du conseil municipal, on peut se demander pourquoi. En effet, outre le fait qu’ils sont d’indéfectibles soutiens au pouvoir des démolisseurs en place, ils semblent oublier que lorsque, dans les années 80, les élus de gauche les invitaient à réagir contre le projet de départ de la Gendarmerie pour Bellegarde, M. André leur conseillait de s’occuper de leurs affaires et déclarait que la Gendarmerie ne quitterait pas Beaucaire. Quelques mois plus tard, la Gendarmerie était à Bellegarde.

Lors de la précédente tentative de suppression du commissariat, M. André a refusé de participer à la manifestation qui a eu lieu sur le pont entre Beaucaire et Tarascon.

Ces élus semblent donc totalement disqualifiés pour intervenir sur ce grave problème.

Mmes Cellier, Arèse, MM. André et Bourbousson paraissent les uns plus préoccupés de bien joué leur rôle de valets du pouvoir en place et l’autre de ne pas compromettre son investiture par l’UMP lors des prochaines élections, que par la sécurité des Beaucairois.

Leurs seules actions dans ce domaine ont été de mettre en place une Police municipale pléthorique, mais malheureusement sans grands pouvoirs, et des caméras au fonctionnement aussi aléatoire que coûteux dont l’efficacité est fortement contestée par de nombreux spécialistes mais aussi par les Beaucairois qui l’expérimentent depuis 15 ans.

Sur ce point, nous souhaiterions qu’un bilan de la lutte contre l’insécurité au niveau de la commune soit réalisé et publié.

En conclusion, nous, élus de gauche, demandons que soit organisée dans les meilleurs délais, car il est déjà bien tard, une réunion à laquelle seraient invités les représentants syndicaux de la Police ainsi que la population afin de déterminer les actions les plus à même de faire avorter ce projet néfaste.

Vidéosurveillance ou vidéo protection

Installé à Beaucaire depuis 15 ans, cet outil devait à l’origine surveiller les délinquants. Aujourd’hui, selon sa nouvelle appellation, il est censé protéger les citoyens.

Les Beaucairois qui servent de cobayes depuis 15 ans savent au quotidien que ni la surveillance des délinquants, ni la protection des citoyens ne sont assurées de manière satisfaisante par ces caméras.

La vidéosurveillance n’enraye pas la vente de drogue sous les caméras à deux pas de la mairie, pas plus qu’elle ne gêne les cambrioleurs qui cambriolent sous les caméras Place Vieille, pas plus qu’elle n’empêche les voyous de se canarder à deux reprises rue Nationale sous les caméras, devant les locaux de la Police municipale.

De même, les caméras sont totalement inefficaces face aux agressions verbales, à l’intimidation dont sont victimes les personnes qui s’aventurent sur le territoire des petites frappes beaucairoises.

De plus, comme l’a rappelé le capitaine Rodriguez mardi soir ici-même, le centre-ville de Beaucaire avec ses ruelles est très difficile à surveiller. Cet outil n’est pas adapté à la configuration de notre cité. Peut-être faudrait-il en informer M. le Préfet qui, face à la montée de la délinquance et des incivilités, n’a qu’un mot à la bouche : caméra, caméra, caméra.

Un grand coup-de-pied dans la fourmilière est nécessaire pour remettre de l’ordre dans ce centre-ville qui se dégrade de jour en jour comme en ont témoigné les habitants, excédés par l’immobilisme de la mairie, lors de la réunion de quartier de mardi dernier.

Depuis plusieurs années, nous réclamons le retour de la police de proximité supprimée par Sarkozy. Seules des patrouilles de police, à pied, nombreuses, à heures irrégulières (alors que M. le Maire affirme que « La Police municipale patrouille à pied tous les soirs à 19 h »), seraient en mesure de sécuriser le centre-ville et mettraient fin aux trafics en tous genre.

D’autres mesures, telle l’interdiction de la circulation aux voitures aux heures « de pointe » du marché de drogue doivent être envisagées.

La lutte contre ce commerce est paraît-il du domaine de la police antidrogue dont les enquêtes sont longues, compliquées, fragiles, et ne doivent pas être perturbées par des actions intempestives de la police locale. Peut-être, mais ce que veulent les Beaucairois, ce ne sont pas des actions coup de poing renouvelées tous les deux ans, c’est l’éradication définitive de ce mauvais remake de l’Hydre de Lerne qui empoisonne notre vieille ville.

Ce ne sont pas quelques caméras subventionnées à grands frais par nos impôts qui ont permis de contrer ces dérives, bien au contraire elles ont servi de prétexte pour ne rien faire d’autre et ont ainsi contribué au développement exponentiel de la délinquance.

Il n’y a plus de place au pseudo-discours sécuritaire à Beaucaire, ni à « l’idéologie technologique », il faut de l’efficacité, des moyens humains en police et en éducateurs et vite !

Rose Marie Cardona, Claude Dubois, Christiane Rott élus de gauche au conseil municipal de Beaucaire.