Adhésion au collectif Provenço

A la différence du FN*, qui a fait campagne contre la ratification de la Charte européenne des langues régionales, et pour qui ce sujet si important n’est que prétexte à de mesquins calculs politiciens et à un double langage, nous militons pour la reconnaissance des langues et cultures régionales et nous sommes défenseurs de la langue d’Oc en général et du provençal, en particulier, la variante de la langue d’Oc parlée sur nos territoires.

Notre engagement est de principe et de fond, défendre le provençal et la culture d’Oc ce n’est pas, pour nous, repli sur soi dans une pseudo-identité fantasmée et enfermement dans un ghetto traditionaliste, mais combat pour la préservation d’un patrimoine vivant, en grand danger, qui fait partie intégrante de l’histoire comme de la richesse culturelle de notre pays, un combat pour l’ouverture et la diversité dans un monde chaque jour un peu plus appauvri et dévasté par l’uniformisation sauvage que nous impose la mondialisation capitaliste.

Ce n’est certainement pas en faisant adhérer notre ville au « Collectif Prouvenço » que nous ferons avancer cet indispensable combat, bien au contraire. Cette association, au mépris de la vérité scientifique, va jusqu’à nier l’unicité de la langue d’Oc et veut couper le provençal de ses racines linguistiques et historiques, elle attise de façon irresponsable par d’incessantes polémiques la division parmi les défenseurs de la langue d’Oc, en un moment critique où cette langue est menacée, et cherche par tous les moyens à entretenir une stupide guerre fratricide entre « occitans » et « provençaux » qui appartiennent, tous, avec des spécificités et des différences qui sont source de richesses, à la même aire linguistique et culturelle.

Faire participer Beaucaire, la ville de Raymond VII, ville occitane, au carrefour du Languedoc et de la Provence historique, illustrée par sa foire internationale et cosmopolite, au projet régressif du « Collectif Prouvenço », à cet enfermement partisan et tendancieux, c’est bafouer son histoire et falsifier sa culture authentique. Oui, à la défense de la langue et de la culture d’Oc, non à leur instrumentalisation dans un combat douteux. Nous voterons contre.

*Cf communiqués de Marion Marechal-Le Pen et Gilbert Collard du 29 janvier 2014 et de Florian Philippot du 27 janvier 2014