coq

1. Le FN national, défenseur du petit commerce, des salariés et des valeurs de notre société ?

Choisir un thème bien polémique comme le travail du dimanche et faire monter au créneau les ténors du parti (M. Le Pen, F. Phillippot…).

Affirmer haut et fort que vouloir augmenter le nombre de dimanches ouvrables revient à se plier au diktat de Bruxelles et des multinationales !

Clamer qu’une telle mesure affaiblit les droits des salariés et bouleverse l’équilibre du modèle français dans ce qu’il y a de plus sain et protecteur !

Se poser en défenseur des valeurs de la société en estimant qu’un homme ou une femme n’est pas, tous les jours que Dieu fait, consommateur ou producteur.

Marteler que cela donnerait un avantage supplémentaire aux grandes surfaces qui ont déjà dépeuplé nos centres villes !

Fustiger ceux qui veulent faire passer cette mesure en disant que s’ils pensent que travailler 12 dimanches va changer quelque chose… Ils nous prennent pour des imbéciles ou alors ils sont vraiment incompétents !

2. Le FN local, soumet, au Conseil municipal de Beaucaire, une délibération en contradiction totale avec les arguments précédemment défendus par la tête du parti

Attendre quelques mois que le public oublie les grandes tirades contre l’extension du travail dominical.

Mettre à l’ordre du jour du Conseil municipal une délibération autorisant l’extension de 5 à 12 dimanches travaillés par an.

Tourner la délibération en évitant que les mots SUPERMARCHES et GRANDES SURFACES apparaissent.

Placer, dans la délibération, les mots COMMERCE DE DETAIL, COMMERCES BEAUCAIROIS et ECONOMIE LOCALE pour laisser penser que la délibération concerne surtout le commerce de proximité et de centre-ville.

Ecrire dans la délibération, sans pour autant le démontrer, que les grandes communes voisines appliquent ce principe et qu’il faut donc faire comme elles.

Ecrire dans la délibération, sans pour autant le démonter, que cela pourrait nuire à l’économie locale de ne pas faire pareil.

3. Le Maire FN de Beaucaire défend bec et ongles en Conseil municipal et  sans rougir de honte devant ses propres contradictions, son magistral retournement de veste

Troubler l’auditeur en affirmant, aussi souvent que possible, que :

« Nous voulons, au niveau national, l’interdire au niveau de toutes les communes »… » nous y sommes opposés au niveau national »… « au niveau national, nous préférerions … que ce soit interdit effectivement en France »

Oublier qu’on a accusé Bruxelles ou les multinationales de vouloir augmenter le nombre de dimanches ouvrables et laisser maintenant entendre que c’est une minorité qui s’y oppose :

« Parce que si certains ne veulent pas travailler le dimanche »… « C’est-à-dire que ces mêmes personnes qui ne veulent pas travailler le dimanche sont très (…) consommateurs le dimanche »… « Il faut voir, les grandes surfaces sont remplies ces jours-là ».

Oublier qu’on se disait défenseur des droits des salariés, de la valeur sociétale du repos dominical et du modèle social et culturel français et maintenant soutenir que :

« Nous serions effectivement économiquement idiots de le refuser » et en justifiant la décision « pour des raisons de développement économique et pour des raisons de concurrence avec d’autres villes ».

Affirmer vouloir protéger le petit commerce local contre les grandes surfaces tout en en reconnaissant implicitement que les ouvertures le dimanche profitent principalement aux grandes surfaces commerciales : « Ce qui ferait que seule Beaucaire qui serait, peut-être dans un rayon de 50 ou 100 kilomètres, seule dans les villes moyennes et grandes villes, serait dépourvue de cette possibilité »… »Je n’ai pas envie que nos habitants aillent se fournir à Avignon, à Tarascon, à Arles ou à Nîmes » … »nous mettre en concurrence déloyale avec Nîmes, Avignon ou Tarascon » … « d’aller dans les grandes surfaces ou d’aller à la Foirfouille ou Monsieur Bricolage ou ailleurs le dimanche. Il faut voir, les grandes surfaces sont remplies ces jours-là ».

Oublier qu’on faisait passer pour des incompétents ou des imbéciles ceux qui disaient que travailler 12 dimanches changerait les choses et affirmer maintenant qu’on veut éviter de nous mettre en « concurrence déloyale avec Nîmes, Avignon ou Tarascon » et que « en revanche la consommation le dimanche est très poussée ».

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