Soumis à une forte pression de son parti qui compte sur l’exemple des villes FN pour démontrer sa capacité à gérer, Julien Sanchez, élu parachuté,  faisant peu confiance au personnel communal et évitant la participation réelle de la population, exerce un contrôle absolu et arbitraire sur chaque décision de gestion.

Sa méconnaissance  du territoire et des spécificités historiques et socio-économiques communales, son manque d’expériences professionnelles, les enjeux liés à sa carrière politique l’amènent à gérer la ville sans réelle connexion avec les besoins de la population. L’observateur cherche en vain une vision englobant tous les paramètres économiques et sociaux locaux mais se trouve bombardé par une communication omniprésente relayant les thèmes favoris du FN:  insécurité,  baisse des charges et impôts, économies….

Après 30 mois de gestion de la ville, la  propagande tentant de faire passer une économie de 20.000€ (sur un budget de 22.516.000 €) ou une baisse symbolique des taux des taxes locales comme des  victoires extraordinaires devient ridicule  face à la réalité matérielle des résultats obtenus.

La lecture et l’analyse des comptes administratifs est sans appel : le FN ne réduit significativement pas les charges de gestion de la ville de Beaucaire et, malgré des recettes fiscales croissantes et des dotations en hausse, il endette fortement ses habitants en s’engageant dans un projet urbanistique aventureux.

Dotations et subventions

La communication sur les dotations et subventions se fait de manière à faire croire à une baisse des recettes de la ville et ainsi renforcer l’impression d’une gestion maîtrisée dans un contexte difficile.

Par exemple, sur le magazine municipal d’avril 2015 on peut voir un graphique faisant apparaître une baisse des dotations entre 2014 et 2015. Cette baisse est réelle pour la dotation forfaitaire, mais, si l’on prend l’ensemble des dotations et subventions que reçoit la Ville de Beaucaire (chapitre 74 du budget) on observe une progression du poste dotations-subventions de + 2% entre 2013 et 2015.

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Le maire utilise la même ficelle dans le bulletin municipal de novembre 2016.

Impôts et taxes

Durant la campagne électorale de 2014, Julien Sanchez s’était engagé à « refuser toute hausse de la fiscalité ». Il écrivait dans son programme : «  Bourbousson : la banqueroute » et s’indignait du fait que la fiscalité locale soit passée de 413€ par habitant en 2009 à 505€ en 2013.

Entre 2014 et 2016, la  ville a symboliquement baissé les taux des taxes locales d’environ 1.5%.

Pourtant, les bases des impôts locaux ont continué à augmenter et les revenus de la fiscalité locale sont passés à 520,76€ par habitant en 2015.

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Cela représente une augmentation des recettes liées aux impôts locaux  de 2,7%.

Annoncer une baisse des impôts locaux  comme le fait Julien Sanchez est un mensonge pur et simple.

Plus globalement, les recettes de la Ville liées à l’ensemble  des impôts et taxes ont augmenté de 7,5% dans la période 2013-2015.

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Bien entendu Julien Sanchez ne communique pas sur le fait qu’il profite d’une recette fiscale croissante.

Personnel

Le personnel représente une grosse partie des frais de fonctionnement de la Commune, le candidat Sanchez s’était démagogiquement engagé à les faire baisser. Là encore, nous allions voir ce que nous allions voir !

Si le compte administratif  2015 montre bien une baisse des frais de personnel,  les prévisions budgétaires 2016 annoncent  une augmentation de 3% par rapport à 2013 qui ne s’explique pas seulement par les augmentations réglementaires mais est liée à l’embauche de nouveaux policiers municipaux,  d’employés non titulaires, à la hausse du montant des indemnités…

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Le compte administratif 2016 permettra certainement de confirmer cette tendance à la hausse car la propagande municipale n’aborde plus du tout le sujet en 2016.

Plus grave encore, il faut constater et déplorer une gestion des ressources humaines des plus détestables. Changements d’affectation arbitraires et autoritaires entraînant, outre la désorganisation des services, un véritable gaspillage humain, douloureux pour les employés et coûteux pour la Ville.

Une politique de recrutement pour le moins hasardeuse qui, de toute évidence, ne s’appuie pas sur la recherche d’indispensables compétences professionnelles ! Ainsi un nouveau manager de centre-ville recruté pour développer le commerce dans le centre urbain joue les figurants. Un nouveau chef de la police municipale qui se trouve rapidement rétrogradé après une bourde magistrale. Notons au passage l’important « turn-over » dans ce service qui laisse supposer qu’il y règne un certain malaise. Un gestionnaire des services techniques qui prend des décisions incohérentes qui augmentent  lourdement le coût d’un chantier… Des chefs de cabinet qui se succèdent à une vitesse accélérée, combien depuis le début du mandat, cinq, six ? Enfin, un service communication au fonctionnement pour le moins opaque où règnent des militants de la mouvance « identitaire » et où viennent se former de nombreux « stagiaires » pour quelques semaines ou quelques mois !

Tout cela a un coût financier et humain pour la collectivité, en complète contradiction avec les promesses et les engagements !

Frais de fonctionnement

La diminution des frais de fonctionnement était aussi un argument important du candidat Sanchez.  Le maire a personnellement pris en main ce dossier et aucune décision, aussi insignifiante soit-elle,  ne peut être prise sans qu’il ait donné son aval.

La méfiance et le manque de confiance envers les employés communaux alourdissent et entravent le fonctionnement normal de la commune. Elle s’est ainsi retrouvée sans assurances pendant un temps car le dossier était resté bloqué dans la pile des dossiers en attente de validation sur le bureau du maire. Plus anecdotique mais symptomatique de dysfonctionnements réels,  certaines écoles se sont retrouvées en rupture de papier toilette, le bon de commande n’ayant pas été validé en temps voulu par Monsieur le Maire…

Cette tentative de chasse radicale aux dépenses a rapidement trouvé ses limites. L’année  2014 – année électorale et  de tous les dérapages de son prédecesseur – ne pouvant servir de référence pour le calcul des dépenses de la Commune, nous observons que malgré tous ses efforts, le Maire n’a pas réussi à réduire le niveau des dépenses communales de fonctionnement en 2015.

Le budget primitif 2016 anticipe une forte hausse des dépenses de fonctionnement par rapport à 2013 (+9,4%).

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Là encore le compte administratif 2016 permettra certainement de confirmer cette tendance à la hausse car la propagande municipale n’aborde plus du tout le sujet en 2016.

La dette

Dans son « projet pour Beaucaire », le candidat Sanchez était horrifié par l’augmentation du montant de la dette par Beaucairois : « La dette est passée de 587€ par habitant en 2012 à 714€ par habitant en 2013 soit une augmentation de 21,6% en seulement un an ».

En 2016, après avoir épuisé les réserves financières de la ville, emprunté 2 300 000€ en 2014-2015, Julien Sanchez emprunte 5 800 000€ en juillet 2016. Il porte ainsi la dette de la ville à 16 134 000€ fin 2016, soit 933€ par habitant et une augmentation de 37% en un an…

Étonnamment la communication municipale ne se souvient plus des indignations passées du Maire. N’ayant pas peur du ridicule, le magazine municipal de juillet 2016 présente un graphique laissant croire à une baisse de l’endettement… alors qu’il sera, si plus aucun emprunt n’est nécessaire, ramené au niveau de… 2013 !

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Des investissements sont réalisés avec ces emprunts, mais le principal effort de la ville porte sur le projet immobilier Sud Canal.

C’est le projet phare de Julien Sanchez et il devrait à terme permettre la construction de 500 nouveaux logements. Mais c’est aussi un pari très incertain sur l’avenir qui mobilise la plus grande partie des ressources financières de la ville pour de nombreuses années et bloque d’autres dossiers importants pour la ville (piscine, rénovation de 232 km de voirie rurale, maison médicale, revitalisation du centre ancien, le nouveau réseau d’assainissement quartier Gaudon et la réfection de celui d’une grande partie de celui du centre-ville…).

En l’absence de concertation et de présentation détaillée du projet Sud canal à la population alors que des travaux sont déjà engagés il est très difficile de se faire une idée de son opportunité, de sa crédibilité  et de sa cohérence dans le projet global urbain. Une chose est sûre : Julien bâtit, coûte que coûte,  son avenir politique sur ce projet.

Conclusion

Malgré une opacité entretenue et une communication omniprésente,  il est assez facile, si on s’en donne la peine, de relever les incohérences  entre ce qui relève de la propagande et la réalité budgétaire de la ville de Beaucaire. Ce qui apparaît alors est une ville qui s’endette lourdement malgré des recettes légèrement croissantes (dotations et recettes fiscales) et peine à maîtriser ses charges de fonctionnement.