100 jours après son élection à la mairie de Beaucaire, Julien Sanchez, après sa campagne électorale dominée par des thèmes nationalistes et sécuritaires, tient bien serrées les rênes d’une ville qu’il promettait de gérer « en bon père de famille » (sic).

La campagne terminée, il a immédiatement cessé ses déclarations alarmistes sur l’état de siège dans lequel semblait selon lui se trouver Beaucaire et ne brandit plus devant les caméras des images de voitures brûlées, ne dénonce plus les commerces communautaires ouverts tard dans la nuit. Julien Sanchez lisse son image en utilisant des raccourcis simplistes :  “je ne suis pas raciste, car je mange des kebabs”,  mais se lâche sur des tweets impulsifs qui révèlent sa vraie nature.

Il n’oublie pas d’adresser des signes à la frange la plus radicale de son électorat en supprimant le drapeau européen au fronton de la mairie, en interdisant la musique traditionnelle marocaine sur la place de la mairie et en entonnant la Marseillaise à la moindre occasion. Est-ce suffisant pour calmer l’ardeur des plus impatients de ses supporters ?

Face à cette nouvelle situation, les membres de Réagir Pour Beaucaire ont choisi de combattre. Combat d’idées pour dénoncer l’idéologie de l’extrême-droite française, mais aussi sur le terrain en confrontant le premier magistrat et son équipe à leurs lacunes et leurs contradictions.

Ainsi, nous observons la stratégie de ce FN version Bleu Marine où la communication tient lieu de politique. Tout aussi étonnant à suivre, le spectaculaire grand écart entre les postures politiciennes et les contraintes liées à la gestion d’une ville.

Présents sur le terrain, nous intervenons aussi souvent que possible pour partager notre vision de Beaucaire et continuons à préparer les conseils municipaux avec Claude Dubois, représentant de la gauche au sein du Conseil municipal.

La rentrée de septembre annoncera la fin de la récréation : la nouvelle Municipalité va devoir faire face à de lourds dossiers.

La réforme des rythmes scolaires devra être mise en oeuvre, mais il semble, au vu des déclarations du Maire, que la ville ne se donnera pas les moyens d’une organisation efficace.

Le Plan Local d’Urbanisme devra être rapidement révisé pour permettre à la ville d’évoluer. Mais Julien Sanchez, ainsi qu’une partie de son équipe rapprochée qui ne vit pas à Beaucaire, semblent particulièrement désemparés quand on leur parle urbanisme et organisation de l’espace communal.

Il faudra aussi contrôler les dépenses, éviter les gaspillages, trouver de nouvelles recettes. Julien Sanchez espère-il vraiment atteindre ses objectifs en se contentant de verbaliser les automobilistes, en faisant payer les associations locales chaque prestation et en taxant les commerçants beaucairois ? Il envisage même, dès janvier 2015, de faire payer aux parents d’élèves la garde de leurs enfants entre 15 h 30 et 16 h 30 !

L’assainissement des finances est certes essentiel mais ne constitue pas pour autant la tâche principale d’une municipalité : promouvoir l’activité économique (industrie, agriculture, commerce, industrie, tourisme) sur notre territoire, maîtriser l’urbanisme pour garantir le développement harmonieux d’un territoire de plus de 8 500 hectares, agir contre la cabanisation de la plaine, être attentif à la qualité de l’accueil des élèves dans nos écoles, soutenir les associations, lutter contre la précarité et l’isolement, préserver le patrimoine et contribuer à la diffusion de toute forme de culture sont des priorités que nous avions identifiées. Elles restent d’actualité aujourd’hui.

Les enjeux pour la Ville et ses habitants sont immenses et les attentes d’autant plus fortes que peu de progrès ont été réalisés pendant le dernier mandat. Les Beaucairois attendent un véritable projet pour leur ville de la part de la nouvelle équipe. Pour le moment, il se limite à la réorganisation des marchés du dimanche.

Plus préoccupant encore : après 100 jours de règne, la nouvelle Municipalité laisse déjà apparaître, derrière une façade trop lisse et une communication très contrôlée, des comportements inquiétants. On observe ainsi la concentration autoritaire des pouvoirs entre les mains d’un homme seul, qui ne délègue rien.

Dorénavant les conseils municipaux ressemblent aux dîners de “l’ambassadeur”. On s’écoute, on se remercie, on s’excuse. Cette bienséance a un prix, celui du bâillonnement des élus de la majorité. Cette équipe, dont l’inexpérience et la méconnaissance de la ville sont patentes,est muette : Julien Sanchez expose, propose, reformule, synthétise, argumente, réfute, s’énerve, s’emporte et puis conclue.

Cette pratique solitaire du pouvoir n’augure rien de bon. Et ce d’autant plus que l’inexpérience du nouvel élu, en matière de gestion, saute aux yeux.

Finalement, cet homme semble bien seul, perdu dans cette ville à l’histoire sociale complexe. Sa garde rapprochée, composée de collaborateurs non élus et étrangers à Beaucaire, l’accompagne, l’encourage, le soutient. Est-ce suffisant pour s’intégrer à notre ville ? Certainement pas : d’autant plus qu’il rentre chez lui, à Nîmes, presque tous les soirs.

Dans quelques mois, demain, Julien Sanchez sera au pied du mur. Pour continuer à gagner du temps, il pourra encore et encore répéter, « je n’y suis pour rien », « je subis les décisions de mes prédécesseurs », « j’ai besoin de temps pour évaluer la situation ». La victimisation, et la stigmatisation d’une partie de la population, si chères au Front National, ne pourront indéfiniment suffire à justifier le manque de résultats !

Plus inquiétant encore, on peut craindre que Beaucaire ne soit qu’un simple banc d’essai  pour Julien Sanchez et le FN, dont les ambitions et les enjeux politiques dépassent de loin le cadre de notre ville.

Pire, on peut penser -son parcours politique le démontre- que notre nouveau Maire est  tout entier au service de Marine Le Pen et des politiciens du FN dont les intérêts des Beaucairois ne sont certainement pas la préoccupation essentielle.

C’est dans ce contexte très particulier que notre présence au conseil Municipal et notre vigilance prennent tout leur sens.