La politique est une chose trop sérieuse.

La commémoration de l’armistice du 11 novembre 1918 doit être un moment de recueillement en souvenir des millions de victimes d’un conflit entre des nations dites civilisées. Nations qui déployèrent des trésors d’inventivité pour l’organisation de crimes de masse au plus grand profit des marchands de canons.

C’est aussi l’occasion de rappeler que cette guerre opposait des empires coloniaux en déclin se déchirant pour la possession de territoires lointains dont chacun convoitait les richesses.

11-11-18

Si, comme le disait Clemenceau « La guerre est une chose trop sérieuse pour la confier à des militaires », on pourrait étendre cette vérité à Beaucaire et contester le choix du maître de cérémonie, ancien adjoint à la sécurité de Bourbousson et ancien officier, qui orchestrait martialement cette matinée pour un hommage appuyé à la grande muette.
Qui pouvait croire que le maire FN de Beaucaire allait profiter de ce moment de consensus pour jeter une nouvelle fois de l’huile sur le feu en pointant les dangers d’un islam radical qui mettrait en danger la patrie et menacerait la paix intérieure ?
Etait-il opportun de justifier le programme du FN en matière de défense et de politique étrangère et ainsi confondre discours de rassemblement et tribune politique ?


Non évidemment. Mais il l’a fait.
Nous n’attendons pas d’un maire qu’il soit le porte-parole d’un parti d’extrême-droite profitant de la moindre occasion pour diffuser ses idées nauséabondes. Nous n’avons que faire de ses réflexions sur la complexité d’un monde auquel il ne comprend rien, si ce n’est par le prisme de sa paranoïa, entretenue par son entourage, sur l’existence d’un complot islamiste prêt à renverser la République.

Mais peut-être que la politique est une chose trop sérieuse pour être confiée à un politicien professionnel et cumulard…