En matière d’inondation, la priorité première de l’État est de préserver les vies humaines en interdisant les nouvelles constructions et extensions d’urbanisation dans les zones d’aléa (risques d’inondation) les plus forts.

Une autre priorité de l’État est de préserver les champs d’expansion de crue de toute nouvelle extension d’urbanisation, quelle que soit la hauteur d’eau de ces terrains inondables non urbanisés.

Au vu de ces objectifs,  la polémique sur la création du « chemin de Saint-Félix » (articles du Midi Libre des 5 et 11 septembre 2014) masque de façon dramatique la question de fond : le Plan de prévention des risques inondation (PPRi), approuvé le 13 juillet 2012, interdit formellement d’augmenter les risques pour la population, et surtout la population vulnérable. Ici près de 1 000 enfants si l’extension  demandée par M. Lachaud se faisait !

Lors de l’enquête publique du PPRi, la Direction départementale des territoires et de la mer du Gard (DDTM) mettait en exergue la situation de Saint-Félix d’Alzon : dans le lit moyen du Rhône, en secteur d’aléa fort.

De ce fait, l’établissement est en zone  non constructible.

Lors de la dernière crue de 2003,  les bâtiments ont été touchés. De l’eau est entrée dans  les couloirs, le sol de la cantine s’est soulevé. Le parc, envahi par le fleuve,  a été recouvert de boues et de galets. Des murs ont été renversés par les flots…

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La cour de Saint-Félix d’Alzon lors de l’inondation de 2003

Pour autant, le niveau d’eau atteint en 2003 ne constitue  pas le niveau maximum potentiellement attendu car la crue de référence est celle de 1856.

De plus, le Plan Rhône, les travaux prévus par le SYMADREM, ceux effectués sur les portes de la Banquette (élévation de 20 cm pour celles-ci, et 30 cm pour les digues) augmentent le risque sur cette zone en diminuant la probabilité  de rupture de digues en aval.

En persistant dans son projet d’extension et d’aménagement de l’établissement qui permettrait d’accueillir 1000 élèves, M. Lachaud méprise les constatations de la Commission d’enquête : «…l’effectif de l’établissement restera limité à 120 % de l’effectif actuel, soit environ 360 élèves. »

La Ville de Beaucaire, de son côté,  ne remplit pas ses obligations : le Plan communal de sauvegarde (PSC) organisant les mesures à mettre en oeuvre en cas de risques majeurs n’est toujours pas arrêté. Le Document d’information communal sur les risques majeurs (DICRIM), qui doit permettre à tous les citoyens de savoir que faire en cas de danger, date de 2007 (voir ci-dessous).

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La commune,  si elle soutenait ce projet d’extension et dans le cas ou il y aurait des victimes humaines, pourrait voir sa responsabilité mise en cause. Il suffit de suivre l’actualité concernant les inondations causées par la tempête Xynthia à la Faute sur Mer pour s’en assurer !

Si la mairie allait à l’encontre des préconisations de la Direction départementale des territoires et de la mer et du PPRi et soutenait le projet d’extension de Saint-Félix d’Alzon, nous ne saurions rester passifs : nous saisirions le Tribunal administratif.